Le doublage de Zac Efron, le retour à la mode de la VF, l’évolution de son métier… Yoann Sover nous dit tout dans le podcast ci-dessous !
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Iron Claw de Sean Durkin : Du sang, des larmes et de la testostérone
Priscilla, Bob Marley: One Love (en salles depuis le 14 février), et bientôt Back To Black (sortie le 24 avril)… Décidément, la mode des biopics ne retombe pas ! Sean Durkin en propose un énième, inspiré de la vie d’une célèbre famille de catcheurs américains des années 80. Alors venez prendre votre dose de testostérone et accrochez-vous, car cet Iron Claw va vous secouer dans tous les sens !
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Les frères Von Erich sont tous destinés à faire du catch, d’après la volonté de leur père, Fritz (Holt McCallany), lui-même ancien champion poids-lourd. Entre triomphes et tragédies, les quatre jeunes hommes (Zac Efron, Harris Dickinson, Jeremy Allen White, Stanley Simons) devront se battre aussi bien sur le ring que dans leur vie.
Bienvenue dans une famille américaine très stéréotypée des années 80 (catholique, propriétaire de nombreuses armes), avec des garçons forcés à devenir des hommes, des vrais, mais surtout des champions de catch tout en muscles. Ici, pas de place pour la sensibilité. Il faut être un dur, une machine, une bête. Les frères Von Erich subissent cette injonction de virilité de la part de leur père, ainsi qu’une mise en compétition entre eux, et une culpabilisation constante. Cette lutte permanente entre leur sens du devoir face au patriarche et leurs vrais besoins est très bien retranscrite à l’écran.

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Pour son troisième long-métrage après Martha Marcy May Marlene (2012) et The Nest (2021), Sean Durkin nous plonge dans une incroyable histoire vraie, fascinante par son aspect tragique… Et encore, le réalisateur, également scénariste du film, a modifié quelques éléments de la réalité pour ne pas noircir davantage le tableau : il a « supprimé » un des fils (ils étaient six à l’origine), pour SPOILER ALERT éviter de raconter un autre suicide.
Iron Claw s’attache à nous montrer le catch, cette drôle de pratique un peu mystérieuse à mi-chemin entre sport et spectacle, une industrie qui pèse plusieurs milliards de dollars aux Etats-Unis, et très visible dans la culture populaire de ce pays. Dans le film, les scènes de compétition ne sont pas trop nombreuses, justement dosées… Des scènes de catch très organiques qui vous en mettront plein la vue, comme si vous étiez sur le ring, sans pour autant vous lasser.

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Iron Claw contient aussi des éléments historiques et contextuels, comme l’invasion soviétique de l’Afghanistan en décembre 1979, qui entraînera le boycott des Jeux Olympiques d’été de 1980 par les Etats-Unis, et aura un impact direct sur l’avenir de l’un des fils (Kerry). Ajoutez-y une bande originale très plaisante, constituée de chansons américaines de la même époque (années 70-80) : Tom Petty & The Heartbreakers, Blue Oyster Cult, The Four Seasons, etc.
Seul petit souci : toute la première partie du film est un peu ennuyeuse, une sorte de coquille vide sans grand intérêt. Sean Durkin prend (un peu trop) le temps de poser le décor et de nous présenter les personnages, mais il y a des longueurs… Heureusement, la suite est beaucoup plus prenante : vous serez happés par ce récit chaotique qui nous rappelle que la vie peut parfois être ingrate, et, au bout d’un certain temps, fait beaucoup penser au film Virgin suicides de Sofia Coppola (2000). Si vous ne connaissez pas l’histoire originale des frères Von Erich, l’effet de surprise n’en sera que plus grand.

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Iron Claw aborde avec finesse les thèmes de la gloire et du succès, la notion de perte (dans tous les sens du terme) et de douleur, mais aussi, l’importance de l’amour et de l’acceptation de soi. Le film nous montre à quel point les relations entre les membres d’une même famille peuvent être aussi bien saines (entre les frères) que toxiques (entre le père et ses fils), et jusqu’où peuvent conduire, d’un côté la manipulation et le désir de « revanche » (du père), de l’autre le besoin d’être aimé (par les fils).
Côté casting, la métamorphose de Zac Efron (Firestarter) en catcheur bodybuildé est impressionnante. L’acteur de 36 ans est presque méconnaissable sur le plan physique, et livre un jeu très sincère et touchant. Les autres acteurs sont très bons aussi, surtout Holt McCallany (Nightmare Alley), prodigieux dans le rôle de ce père autoritaire, tyrannique et extrêmement toxique. Seule exception : Lily James (Et l’amour dans tout ça ?), qui a malheureusement toujours le charisme d’une huître, et ne parvient pas à nous convaincre, malgré un joli rôle.
15+ / 20
Fanny BL

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Extraits entendus dans le podcast :
- Yoann Sover, voix française de Zac Efron dans Iron Claw de Sean Durkin, sorti le 24 janvier 2024 au cinéma, extrait tiré de la bande-annonce du film ;
- Yoann Sover, voix française de Jamie Campbell Bower dans la saison 4 de la série Stranger Things, extrait tiré d’une interview réalisée par Serieously
Un grand merci à Yoann Sover pour son accueil chaleureux, et à Laetitia Trigeau, chargée des relations presse du festival Yggdrasil à Lyon, pour avoir permis cette interview.
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Ma critique du film Iron Claw est aussi disponible en langue grecque ici !
Η κριτική μου από την ταινία Iron Claw είναι διαθέσιμη στα Ελληνηκά εδώ!
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