Critique « Twisters » de Lee Isaac Chung + Podcast « Les films catastrophe »

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2012 (2009), Black Storm (2014), San Andreas (2015)… et maintenant Twisters, nouveau film catastrophe avec des tornades, et le blockbuster américain de l’été 2024 – en concurrence avec le dernier produit Marvel Deadpool & Wolverine -, qui ressemble en tous points à un remake du film culte Twister, sorti en 1996. Scénarios, mise en scène, jeu d’acteurs… On vous explique en détails pourquoi ce long-métrage risque de vous emporter sur son passage !

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Kate (Daisy Edgar-Jones), étudiante en sciences météorologiques, chassait les tornades avec ses amis en Oklahoma, jusqu’à ce qu’un événement traumatisant la contraigne à choisir une vie plus calme, dans un bureau à New York. Mais lorsque son ami Javi (Anthony Ramos) lui demande de l’aider à tester un nouveau détecteur de tornades hautement performant, elle accepte de reprendre du service. A ses risques et périls

C’est un réalisateur de films indépendants qui s’est jeté à l’eau pour signer ce nouveau blockbuster, remplaçant au pied levé Joseph Kosinski, qui, pour le coup, est un habitué du genre (Top Gun: Maverick, 2022). Lee Isaac Chung, lui, semble avoir été balancé un peu par hasard dans ce nouveau monde, et se dépatouille franchement très bien. Pour commencer et sans grande surprise à ce niveau, Twisters offre une expérience très immersive de cinéma, avec une scène d’ouverture intense et plutôt réussie. Tout le reste du film comporte des effets spéciaux époustouflants avec des tornades très réalistes, qui flattent la rétine, et ne devraient pas décevoir les spectateurs venus pour du divertissement.

Daisy Edgar-Jones alias Kate © Melinda Sue Gordon/Universal Pictures; Warner Bros. Pictures & Amblin Entertainment

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Bien que ce Twisters ne soit pas présenté comme tel, il ressemble fortement à un remake du Twister de 1996. Les deux films, que 28 ans séparent, présentent des éléments narratifs très similaires : la scène d’ouverture avec un événement traumatisant, deux groupes concurrents de chasseurs de tornades, une femme comme héroïne ayant un « don » pour comprendre le fonctionnement de la météo, etc. Mais ce n’est pas un problème en soi, puisque Lee Isaac Chung a revisité et dépoussiéré le film de Jan de Bont, qui a d’ailleurs commencé à prendre un sacré coup de vieux – notamment certains effets spéciaux devenus vraiment désagréables pour l’œil.

Mais voici la « vraie » valeur ajouté de Twisters : le film ne se limite pas uniquement à une succession de scènes spectaculaires au détriment du scénario, comme on le constate souvent dans les films catastrophe. Au contraire, on a enfin droit à une trame narrative un peu plus constructive et travaillée, avec quelques idées originales. Rien de très surprenant : c’est Mark L. Smith, co-scénariste de The Revenant (2016), qui s’en est chargé. Malgré tout, on a été franchement déçus par la fin, très cliché, alors que c’était plutôt bien parti, avec un suspense devenu presque insoutenable sur un élément secondaire de l’histoire.

Daisy Edgar-Jones et Glen Powell © Melinda Sue Gordon/Universal Pictures; Warner Bros. Pictures & Amblin

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Sans bien sûr verser dans la dissertation de philosophie (ce n’est, de toute façon, pas le but ici), Twisters arrive aussi à aborder une réflexion sur la situation actuelle que nous vivons, puisque, même si les spectateurs vivant en France ne risquent pas grand-chose pour l’instant, les tornades et autres catastrophes naturelles extrêmes existent bel et bien dans le monde, et ont même tendance à se multiplier et s’intensifier en raison du réchauffement climatique. Mark L. Smith a aussi réfléchi à ce paramètre, et apporte des idées scénaristiques éclairantes, notamment à travers une scène finale puissante, qui touche aussi du doigt la notion de résilience après un traumatisme. C’est un début, et on salut l’effort.

Au casting, on a été plutôt convaincus par le jeu de Daisy Edgar-Jones, sublime dans Là où chantent les écrevisses, d’Olivia Newman (2022). Elle donne la réplique à un Anthony Ramos (Transformers: Rise Of The Beasts) très touchant, et à un Glen Powell (Top Gun: Maverick) qui remplit très bien sa fonction de beau-gosse-cow-boy-américain-insupportable.

Athony Ramos alias Javi © 2024 Warner Bros. Entertainment Inc.

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Twisters surprend par sa qualité, et pourrait donner naissance  – on l’espère – à une nouvelle génération de films catastrophes, plus soignés, et surtout avec un scénario encore plus profond… Le long-métrage se présente comme un produit fini. Il contient quelques scènes fortes, mais aussi de nombreux moments de respirations avec des dialogues, et même d’introspection chez le personnage principal. Les grands amateurs de sensations fortes pourraient être légèrement déçus de ne pas avoir plus de scènes « grand spectacle » sans pause, mais les personnes cérébrales, elles, seront ravies de ce juste équilibre. C’est le cas de L’Oreille Cinéphile, rassasiée, et contente de ne pas s’être envolée !

© Melinda Sue Gordon/Universal Pictures; Warner Bros. Pictures & Amblin Entertainment

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