Ecoutez ma critique du film version podcast ci-dessous !
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Tremblez mortels… Beetlejuice est de retour, 36 ans après le premier opus ! Aux commandes : un Tim Burton en pleine forme, qui propose une nouvelle comédie horrifique détonante. Rien de mieux pour se mettre dans l’ambiance d’Halloween, à moins de deux mois de cette fête effrayante !
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Désormais mère de famille et veuve, Lydia (Winona Ryder) doit traverser une nouvelle tragédie au sein de sa famille. Comme si ça ne suffisait pas, sa fille Astrid (Jenna Ortega) ouvre accidentellement un portail vers l’Au-delà. Lydia sera alors obligée de prononcer le nom de Beetlejuice (Michael Keaton) trois fois, pour demander de l’aide au démon farceur.
A l’image de ses personnages dans Beetlejuice (1988), qui voyagent dans ce drôle de monde après leur mort, il semblerait que Tim Burton vive une deuxième vie. Après un petit coup de mou dans sa carrière depuis quelques années, le réalisateur apparaît comme totalement revigoré. Serait-ce dû à l’amour, rencontré il y a deux ans au Festival Lumière de cinéma de Lyon, en la personne de Monica Bellucci (qui a d’ailleurs eu droit à son propre rôle) ?

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Tout d’abord, Beetlejuice Beetlejuice est un film bien rythmé, sans temps mort. A l’image d’un Mars Attacks! (1997), il est très drôle – mention spéciale pour le personnage de Bob -, peut-être même plus que l’opus précédent, et propose de nouvelles idées créatives, comme le Soul Train, où les futurs passagers dansent sur de la musique soul en costumes des années 70, ou encore une scène particulièrement réussie avec des influenceurs, qui dénonce avec talent et subtilité les dérives de notre société actuelle, comme l’emprise médiatique ou l’hyper-digitalisation hypnotique dans laquelle nous sommes plongés avec nos smartphones.
On avait un peu peur que ce nouveau film ressemble un peu trop à la série Mercredi (Wednesday), avec Jenna Ortega toujours dans le rôle de l’héroïne – et nouvelle muse de Tim Burton -, mais il n’en est rien : même si on baigne dans une ambiance similaire, le réalisateur fait bien la distinction entre les deux univers, et reste fidèle à celui du premier Beetlejuice. Le long-métrage contient de nombreuses références à son prédécesseur, notamment visuelles et musicales (vous reconnaîtrez une célèbre chanson), que les fans apprécieront, tout comme les novices.

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De nombreux ingrédients valent le déplacement : on retrouve une bande originale sublime, toujours signée Danny Elfman, fidèle compositeur de Tim Burton, sans qui tout cet univers n’existerait pas, mais aussi des costumes toujours excellents, signés Colleen Atwood (collaboratrice récurrente de Tim Burton, même si elle n’avait pas conçu ceux du premier Beetlejuice), ainsi que des décors réels, même si la maison de la famille Deetz a été spécialement construite pour le tournage. Tim Burton reste fidèle à ses méthodes habituelles, « à l’ancienne », en utilisant très peu d’effets spéciaux, pour privilégier le maquillage, les marionnettes ou encore les animatroniques… À l’heure du tout-numérique et des fonds verts, on ne peut que saluer cette démarche, plus authentique, et au résultat plus « artisanal », qu’on aime tant chez ce cinéaste.
Beetlejuice Beetlejuice est composé d’un casting alléchant : la jeune Jenna Ortega (21 ans !) ainsi que les formidables Michael Keaton, Winona Ryder et Catherine O’Hara, déjà présents dans le premier film. Petit nouveau dans l’univers burtonien (et c’en est étonnant) : Willem Dafoe (Kinds of Kindness), toujours irréprochable, et hilarant dans ce rôle d’officier de police de l’au-delà. Seule ombre au tableau : le rôle de Monica Bellucci, un peu inutile (car ne faisant pas avancer l’intrigue), malgré son aspect gothique très classe, dont le corps « recomposé » avec des agrafes rappelle clairement le personnage de Sally dans L’Étrange Noël de M. Jack (1994)… On sent que Tim Burton a simplement voulu faire plaisir à sa nouvelle compagne, en lui permettant peut-être de relancer sa carrière.

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Comme dans une grande majorité de ses films, Tim Burton cherche à tourner la mort en dérision pour dédramatiser cet événement tragique et tenter de prendre de la distance, afin de pouvoir, peut-être, mieux l’accepter. Les thèmes du deuil, les fantômes et les cimetières sont donc encore très présents, mais toujours abordés avec une certaine légèreté. Beetlejuice Beetlejuice comporte certes quelques passages un peu gores, sans pour autant basculer dans l’horreur pure et dure, car ce n’est pas ici le but recherché.
Ce « Beetlejuice nouvelle génération » est très satisfaisant, et permet de dépoussiérer le premier film de 1988, qui commençait à mal vieillir. Bourré d’humour, plein d’originalité et pas si effrayant, il s’adresse à tous les publics, familles et plus jeunes, sauf peut-être les plus de 60 ans qui ne seraient pas dans ce délire… Malgré toutes ces qualités, on espère que Tim Burton ne se lancera pas dans un Beetlejuice 3, qui reviendrait définitivement à faire appel au démon (dans tous les sens du terme) et à vendre son âme, dans une démarche paradoxale de surconsommation du cinéma, qu’il dénonce pourtant si souvent dans ses films.
17 / 20
Fanny BL

très bon film, on passe un bon moment! Merci pour ton avis clair!
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Merci à toi pour ton retour positif ! 🙂
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