Ecoutez ma critique en version podcast ci-dessous !
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On a tendance à l’oublier un peu trop souvent, y compris L’Oreille Cinéphile : les films d’animation ne sont pas exclusivement réservés aux enfants ! La preuve avec Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, fruit d’une collaboration entre trois pays (la Lettonie, la France et la Belgique) qui a raflé quatre prix au Festival d’Annecy 2024, dont celui du jury… Des récompenses qui valent le coup d’œil ?
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Dans un futur potentiellement proche, un chat se retrouve dans un univers envahi par une gigantesque montée des eaux, où toute vie humaine semble avoir disparu. Il trouve refuge sur un bateau avec un groupe d’autres animaux, et devra trouver le moyen de cohabiter et de s’entendre avec eux.
Après un premier long-métrage porté sur les animaux et la nature (Ailleurs, 2020), Gints Zilbalodis continue d’explorer ce thème, avec ce deuxième film, qu’il décide d’amputer à nouveau de dialogues, pour privilégier la narration visuelle, la musique (composée par Gints Zilbalodis et Rihards Zalupte), et les cris des personnages-animaux – qui sont, pour la plupart, de véritables cris d’animaux enregistrés. Le réalisateur letton a su trouver d’autres manières pour communiquer avec son spectateur : un travail difficile que l’on salue. Ses dessins donnent des expressions faciales ou corporelles aux animaux, leur permettant d’exprimer davantage leurs sentiments. Cela leur donne un petit côté « humain », car on doute qu’un lémurien puisse « se vexer » dans la vraie vie.

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On n’a pas forcément accroché tout de suite à l’image de synthèse du film, même si on garde à l’esprit qu’elle n’est pas 100% numérique. « L’effet 3D » nous saute malgré tout un peu trop aux yeux. Sur certains détails, on trouvait même que le résultat final manquait de réalisme, par exemple quand le chat marche sur un matelas et se roule en boule dessus, ce dernier a l’air très dur sous ses pattes : il n’y a aucun mouvement ni effet « moelleux » qui montrerait que c’est un matelas. Et puis on a fini par s’habituer, en assimilant les traits et les couleurs des dessins à de gigantesques coups de pinceau.
Le long-métrage propose de nombreuses scènes drôles et poétiques. On se plaît à suivre les aventures de ce petit groupe, sorte d’Arche de Noé nouvelle génération, qui enchaîne les interactions maladroites et les moments émouvants. Ces animaux ont une « personnalité » et représentent chacun une qualité ou un défaut chez un être humain. Parfois ça n’a pas trop de sens, mais ce n’est pas un problème en soi : c’est juste mignon, délicat et pur, et cela produit un effet apaisant sur le spectateur. On en sort à la fois tranquille et galvanisé, régénéré, plein d’énergie positive.

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Flow a cette capacité de délivrer, de manière simple et esthétique, un message intéressant sur la nature et sur l’importance de la protéger. L’eau devient un personnage à part entière : les animaux devront s’adapter à sa démesure. Gints Zilbalodis propose aussi une satire du consumérisme, à travers le personnage du lémurien qui collectionne des objets sans grande utilité, même en cas de fin du monde. Enfin, le réalisateur nous parle d’amitié et d’acceptation de la différence, à travers une ode au vivre-ensemble.
Malgré ces quelques bons points, on avait tout de même préféré La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit (2016), surtout sur le plan visuel, mélange de dessin « classique » et d’images numériques donnant un résultat plus traditionnel qui nous avait davantage émerveillés. Mais Flow reste divertissant et plein de douceur, comme un petit bonbon d’1h25. Le film est conseillé aux enfants de 8 ans et plus. Alors, laissez-vous porter par le flow, et allez-y, avec ou sans eux !
13 / 20
Fanny BL
Film présenté en sélection « Un Certain Regard » au Festival de Cannes 2024

Je suis très intriguée. Je suis très intriguée même si l’animation semble demander un temps d’adaptation.
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Tout à fait !
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