« Bridget Jones 4 : folle de lui », de Michael Morris : La suite de trop ?

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24 ans après Le Journal de Bridget Jones, premier film de la saga, réalisé par Sharon Maguire, la célibataire la plus déjantée de Londres est de retour pour de nouvelles mésaventures ! L’adaptation des romans d’Helen Fielding touche donc à sa fin. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

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Bridget Jones (Renée Zellweger) a 52 ans et deux enfants. Après le décès de Mark Darcy (Colin Firth), avec qui elle a vécu dix ans de bonheur, elle est à nouveau en quête de l’homme idéal. Plus facile à dire qu’à faire

Après Le Journal de Bridget Jones (2001), Bridget Jones : L’Age de raison (2004), et Bridget Jones Baby (2016), Renée Zellweger reprend le rôle qui l’a rendue célèbre, celui de cette héroïne imparfaite qui enchaîne les gaffes et n’a plus peur du ridicule. On voit que l’actrice américaine s’est complètement approprié ce personnage : il fait partie d’elle. Au fil du temps, on s’est, nous aussi, attachés à elle, et on était très heureux à l’idée de la retrouver, même des années plus tard. Seule gêne la concernant : son visage abîmé par la chirurgie esthétique, qui la limite fortement dans l’interprétation de ses émotions.

Avec Bridget Jones : folle de lui, Michael Morris signe son premier long-métrage en tant que réalisateur, après de nombreux épisodes de séries (Better Call Saul, 13 Reasons Why…). On ne sait pas trop ce que ça donne à la télévision, mais au cinéma, le résultat n’est pas totalement réussi. Dans l’ensemble, ce quatrième film de la saga manque de rythme (et de chansons) par rapport à ses prédécesseurs. On avait déjà senti un début d’essoufflement avec Bridget Jones 3, bien qu’il s’agisse de la même réalisatrice que pour le deuxième, Beeban Kidron. Bridget Jones 1 et 2 restent les plus satisfaisants… Rien d’étonnant, quand on sait que l’un des scénaristes est Richard Curtis, considéré comme le spécialiste des comédies romantiques britanniques (Love Actually).

Renée Zellweger alias Bridget Jones © StudioCanal

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On garde cette désagréable impression que Michael Morris a recyclé des éléments de « valeur sûre », car identiques ou très similaires à ceux des opus précédents : par exemple, quasiment à chaque fois, l’héroïne fréquente deux hommes, un qui symbolise la frivolité, et l’autre, la sagesse. On retrouve la même identité tragicomique que dans les livres : vous passerez du rire aux larmes très régulièrement, et serez à la fois amusés et attendris par les galères de Bridget. Le réalisateur a ajouté une petite touche poétique par endroits, appréciable, mais qui aurait pu être creusée davantage. Même reproche concernant les nouveaux personnages masculins, interprétés par Leo Woodall (The White Lotus) et Chiwetel Ejiofor (Venom: The Last Dance), dont les profils restent un peu trop en surface. Les deux acteurs, probablement choisis avant tout pour leur « beaugossitude », proposent des interprétations assez fades.

A la manière du dernier Spider-Man (No Way Home, 2021) qui fait revenir les hommes-araignées des trilogies précédentes, Michael Morris joue à fond la carte de la nostalgie. Les plus grands fans seront donc ravis de retrouver les personnages emblématiques de la saga, comme la bande de potes de Bridget Jones, Sharon (Sally Philipps), Jude (Shirley Henderson) et Tom (James Callis), mais aussi ses anciens collègues, Miranda (Sarah Solemani) et Richard (Neil Pearson), son ancienne sage-femme (Emma Thompson), sans oublier l’infatigable séducteur Daniel Cleaver (Hugh Grant). L’évolution de la relation entre ce personnage et celui de l’héroïne est d’ailleurs l’un des rares points positifs et intéressants dans ce film-là, voire le seul.

Leo Woodall et Renée Zellweger © StudioCanal

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Quant au scénario, cette fois écrit par Abi Morgan (Les Suffragettes) et Dan Mazer (Borat 2), il pourrait tenir sur un ticket de métro, avec une fin – peut-être même la bonne moitié de l’histoire cousue de fil blanc. Ne vous attendez donc pas à quelque chose d’extraordinaire ou de sensationnel. On passe un bon moment et on ne s’ennuie pas non plus, mais la ferveur n’ira pas plus loin.

Si ce quatrième film et l’ensemble de la saga Bridget Jones fonctionnent, c’est parce qu’ils abordent, comme le livre, des sujets universels qui touchent les spectateurs, et surtout les spectatrices : la vie de femme, le couple et la famille, la carrière, la vie sociale, ou encore le deuil et la vieillesse… Même si cela a plus ou moins fonctionné pour la quatrième fois, il était temps de s’arrêter. On espère de tout cœur que ce long-métrage sera le dernier, car toutes les bonnes idées ont été usées jusqu’à la corde, et que rien ne pourra remplacer le tout premier film, devenu culte dans la catégorie des comédies romantiques anglaises.

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Chiwetel Ejiofor et Renée Zellweger © StudioCanal

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