« Freaky Friday 2 », de Nisha Ganatra : Quand la carte de la nostalgie ne suffit plus

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L’ado rebelle rock des années 2000 qui sommeille en vous va se réveiller ! 22 ans après Fready Friday dans la peau de ma mère, réalisé par Mark Waters (qui, rappelons-le, était déjà un remake d’Un vendredi dingue, dingue, dingue de Gary Nelson, avec Jodie Foster, sorti en 1977), Disney a eu la folle idée de faire un 2. Loin de s’annoncer comme un chef-d’œuvre, ce nouveau film a tout de même titillée notre curiosité, en raison de notre attachement à son prédécesseur… Alors, verdict ?

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Quelques années après la première crise vécue par les Coleman, Anna (Lindsay Lohan) est devenue mère à son tour : elle a une fille, Harper (Julia Butters), mais s’apprête aussi à avoir une belle-fille, Lily (Sophia Hammons), suite à son coup de foudre avec Eric (Manny Jacinto), et leur projet de mariage. Alors que l’union des deux familles entraîne de nouveaux conflits, Anna et Tess (Jamie Lee Curtis) vont revivre le même chamboulement… en version double !

On prend les mêmes et on recommence ! A mi-chemin entre un remake et un sequel, Freaky Friday 2 : Encore dans la peau de ma mère propose une histoire TRES similaire à celle du premier film, en compliquant un peu l’intrigue : il n’y a plus un seul changement de corps – ou plutôt de personnalités, mais deux, soit QUATRE personnages impliqués (mère, fille, petite-fille et belle-fille)… Vous suivez ? A force de vouloir en rajouter des tonnes, le spectateur s’y perd, condamné à une gymnastique mentale continue, et plus concentré à essayer de se souvenir qui est censé être qui, que sur l’intrigue elle-même. Le mécanisme aurait peut-être pu fonctionner si le quatuor d’actrice était à la hauteur… mais on sent qu’elles sont tout aussi noyées dans tout ce méli-mélo – du moins, qu’elles n’y croient pas assez. Les pires : Julia Butters (fille d’un animateur de Disney) et Sophia Hammons, de jeunes débutantes à la limite de la médiocrité. Seule Jamie Lee Curtis arrive à maintenir tant bien que mal le film à flot.

Lindsay Lohan et Jamie Lee Curtis © 2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

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Aux commandes de ce nouveau Freaky Friday : Nisha Ganatra. Comme pour de nombreux sequels, la réalisatrice canadienne joue à fond la carte de la nostalgie, en faisant revenir les principaux acteurs du film original, notamment Chad Michael Murray, qui n’a rien perdu de sa beaugossitude. Problème : comme on le craignait, l’acteur de 43 ans est là juste pour faire joli et n’apporte pas grand chose à l’intrigue. C’est pareil pour une grosse partie de l’ancien casting : elle a été mise là pour faire plaisir aux fans de la première heure, mais rappellera surtout aux trentenaires leur propre finitude, horrifiés de voir le passage du temps sur certains visages.

En parlant de visage… C’est terrible à dire, mais il devient difficile de regarder celui de Lindsay Lohan, complètement ravagé par la chirurgie esthétique. A cause de cet élément visuel qu’on ne peut malheureusement plus ignorer, on a du mal à se concentrer sur son jeu, et l’alchimie entre son personnage et celui de Tess perd de sa force. A l’inverse, Jamie Lee Curtis – beaucoup moins botoxée à l’âge de 66 ans – livre une performance très proche de celle du film précédent, mais toujours aussi réjouissante, grâce à son énergie folle, son humour, et sa capacité d’autodérision.

Mark Harmon et Jamie Lee Curtis © 2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

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Dans ce nouvel opus, vous aurez droit à quelques passages un peu drôles qui font sourire, parfois même très légèrement rire, mais c’est tout. Toute l’âme rock et fun du premier Freaky Friday a disparu. Contrairement à ce dernier, la bande originale est quasiment inexistante – à part UNE chanson originale « écoutable » -, alors qu’elle faisait le sel du film précédent. En revanche, la fin réserve quelques bonnes surprises, surtout pour les fans.

Relation mère-fille, passage à l’adolescence, bouleversement d’une famille recomposée… Les thèmes abordés dans Freaky Friday 2 sont, eux, identiques à ceux du premier film. Une chose est sûre : la scénariste (Jordan Weiss) ne s’est pas trop foulée. Il n’y a aucun rebondissement : tout est absolument prévisible. L’histoire est peu réaliste : les problèmes se règlent rapidement et comme par magie. La passion de la fille d’Anna pour le surf aurait pu être creusée davantage, tout comme l’avait été le rock pour sa mère… Il n’en est rien. Le long-métrage, dénué de saveur, se contente de véhiculer des messages très basiques sur les valeurs familiales et l’amour, qui feront au moins plaisir à l’Amérique puritaine.

Julia Butters et Sophia Hammons © 2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

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Alors, quelle est la valeur ajoutée de ce nouveau film ? Aucune, à part sa grande part nostalgique, incarnée par un casting qui inspire seulement de la tendresse. Freaky Friday 2 comporte très peu de qualités, et se présente plutôt comme une énième machine à fric signée Disney… Le long-métrage s’adresse donc évidemment à un public familial et adolescent qui aura posé son cerveau à l’entrée de la salle de cinéma, mais les fans du premier film risquent fortement d’être déçus de voir comment le « produit d’origine » a été massacré. Mieux vaut revoir une énième fois le film de 2003… en DVD s’il vous plaît !

7 / 20

Fanny BL

Lindsay Lohan alias Anna © 2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

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Extraits entendus dans le podcast 

· Extraits de la bande-annonce de Freaky Friday 2 (version française) de Nisha Ganatra ;

♪ « Take me away », chanson tirée de Freaky Friday 2, interprétée par Christina Vidal Mitchell © 2025 Hollywood Records, Inc. ;

♪ « Baby », chanson tirée de Freaky Friday 2, composée par Sarah Aarons, interprétée par Lindsay Lohan et Julia Butters. Provided to YouTube by Universal Music Group ℗ 2025 Hollywood Records, Inc.

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