Écoutez ma critique en version podcast ci-dessous !
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Après un film aux allures autobiographiques (Lady Bird) et un remake des Quatre Filles du docteur March, Greta Gerwig-réalisatrice reste installée dans son rôle de messagère féministe. Barbie fait un tabac depuis sa sortie au cinéma, avec plus de 1,2 millions d’entrées en France sur sa deuxième semaine. Mais au-delà de sa forte image de marque et de son casting étincelant, ce troisième long-métrage vaut-il vraiment le détour ? La réponse ici !
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Barbie (Margot Robbie) évolue dans Barbie Land, un monde parfait où tous les Barbies et Ken vivent en harmonie… Jusqu’au jour où la célèbre poupée commence à avoir des pensées morbides, et surtout, les pieds plats ! Elle devra alors s’aventurer dans le monde réel des humains pour que tout redevienne comme avant.
« I’m a Barbie girl, in the Barbie world ; Life in plastic, it’s fantastic », disent les paroles de Barbie Girl d’Aqua. La célèbre chanson (ALERTE SPOILER que vous n’entendrez pas dans le film) revient forcément en tête à la vue de l’affiche de Barbie, avec son titre écrit en rose et blanc, aux lettres rebondies, extrêmement ressemblant au logo de la franchise… peut-être un peu trop, comme le nombre de fois où l’on voit et entend le nom de Mattel pendant le film… mais nous y reviendrons.

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Greta Gerwig dénonce avec légèreté la pression de la poupée Barbie sur les petites filles par son injonction à la perfection : morphologie de mannequin, exellence dans tous les métiers (« Elle peut tout faire »), image de rêve en décalage avec la réalité… Le thème qui ressort le plus : l’égalité femmes-hommes (ici, entre les Barbies et les Ken), entravée par le poids du patriarcat, et l’équilibre à trouver dans notre société (ici, dans leur micro-monde, Barbie Land), afin que les droits et libertés de chacun et chacune soient respectés.
Le film comporte plusieurs atouts. Il propose d’abord une réflexion intéressante sur plusieurs thèmes majeurs, comme les relations mère-fille, l’évolution de la mentalité chez les adolescentes, le passage à l’âge adulte, l’accueil des émotions, ou encore l’angoisse existentielle… Thèmes qui semblent chers à Greta Gerwig, puisque déjà abordés dans Lady Bird (2018). Ajoutez-y une super bande originale (chansons de Dua Lipa, Lizzo, Billie Eilish, Tame Impala…) et de nombreux passages d’humour absurde, qui vous feront pouffer sans pour autant éclater de rire.

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N’oublions pas de mentionner le casting de haut vol, composé de Margot Robbie (toujours aussi impeccable), Ryan Gosling, America Ferrera, Michael Cera ou encore Emma Mackey, sans oublier l’incontournable Will Ferrell dans le rôle du PDG de Mattel. Enfin, on tire notre chapeau à la scène d’ouverture du film, référence directe à 2001 : L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968), puissante et particulièrement réussie.
Mais voilà, tout cela ne suffit pas à faire de Barbie un film transcendant ou mémorable. On passe un bon moment, sans s’ennuyer, mais ça s’arrête là. On a bien saisi la démarche de Greta Gerwig, mais finalement, le tout sonne un peu creux… Le scénario n’est pas si fourni que ça. Même les dialogues tournent un peu en rond, ou sont trop « faciles ». Au final, on a l’impression que la réalisatrice s’est un peu perdue en route dans sa mission féministe… Le message était véhiculé de manière beaucoup plus subtile dans Lady Bird et Les Filles du Docteur March (2020).

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Une désagréable impression subsiste : celle selon laquelle Greta Gerwig a utilisé, volontairement ou non, la marque « Barbie », pour attirer plus de spectateurs. Le spectre du placement de produit plane au-dessus du film. On en vient à se demander si la cinéaste n’aurait pas subi quelques pressions de la part de Mattel (le film est d’ailleurs co-produit par Mattel Films) et/ou d’Hollywood, peut-être plus que ce qu’elle aurait envisagé au départ… En tous cas, il en résulte un manque de liberté qui se ressent au visionnage.
Plus de 60 ans après sa création, la poupée Barbie continue de fasciner et de se vendre partout dans le monde, mais n’est plus vue de la même manière. C’est ce que cherche à nous expliquer Greta Gerwig, qui livre un conte féministe moderne, drôle et satirique. Or, la réalisatrice aurait pu aller beaucoup plus loin, mais on sent une retenue. C’est tout de même une bonne chose que les jeunes filles aient accès à ce type de message au cinéma aujourd’hui. On laissera donc ce Barbie aux spectateurs et spectatrices de la génération Z !
14+ / 20
Fanny BL

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Extraits musicaux entendus dans le podcast ♫
♪ Aqua – « Barbie Girl » (1997)
♪ Lizzo – « Pink » (Barbie The Album, 2023) Atlantic Records
♪ Dua Lipa – Dance The Night (Barbie The Album, 2023) Atlantic Records
♪ Ryan Gosling – « I’m Just Ken » (Barbie The Album, 2023) Atlantic Records
♪ Nicki Minaj & Ice Spice – « Barbie World » (with Aqua) (Barbie The Album, 2023)
J’ai bien aimé le film (j’avais pas des attentes particulières) mais effectivement on a le sentiment au cours du film que Greta Gerwig perd le fil…
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