Origines du film, casting, conditions de tournage… Alice Vial et Jonathan Cohen nous disent tout dans ce podcast !
Remerciements à Romuald Miaux et Vanessa Grellier des cinémas Pathé et UGC Grand Lyon d’avoir permis cette interview
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L’Âme idéale, d’Alice Vial : Du baume au cœur
Après quatre courts-métrages, dont Les Bigorneaux – qui a obtenu un César en 2018, deux séries, et de nombreux scénarios, entre autres, Alice Vial se lance dans le format long au cinéma, en tant que réalisatrice… Elle nous livre une comédie romantique aux accents fantastiques, riche en poésie et en subtilité, qui fera beaucoup de bien à quelques jours de Noël (sortie au cinéma le 17 décembre) !
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Elsa (Magalie Lépine-Blondeau), une femme célibataire de 40 ans, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir les morts et leur parler. Un soir, elle rencontre Oscar (Jonathan Cohen), un homme drôle et charmant, qui lui redonne espoir. Alors que tout se passe à merveille, Elsa réalise que cette histoire n’est peut-être pas si réelle…
C’est dans une ville du Havre très verticale et mélancolique que s’ouvre L’Âme idéale. Une scène d’ouverture d’emblée touchante et subtile, comme en a l’habitude Alice Vial dans son écriture (elle est avant tout scénariste, ici avec Jean-Toussaint Bernard), sans pour autant verser dans un moment tragique ou larmoyant : la juste dose est trouvée. La première richesse du film réside dans le fait qu’il propose toute une variété de genres : la comédie, le drame, la romance, ou encore le fantastique.

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Dans la continuité de Loulou (2017-2018) et Les Bigorneaux, Alice Vial met en lumière un portrait de femme, celui d’une quadragénaire médecin (formidable Magalie Lépine-Blondeau), désespérée en amour, à cause du don – ou de la malédiction, selon le point de vue – dont elle a hérité de sa mère : celui de voir et de parler aux morts, ou plutôt à leurs fantômes, et de pouvoir les aider à « passer de l’autre côté » grâce à un petit rituel.
A travers une histoire à la fois drôle et triste, à l’humour fin, qui rappelle beaucoup le génial Et si c’était vrai… de Mark Waters (2005), Alice Vial choisit de filmer ces défunts de manière très terre-à-terre, sans artifice ni effets spéciaux, et tout en délicatesse. Car si l’acceptation de la mort est l’un des thèmes principaux du long-métrage, il y a aussi la célébration de la vie et de l’amour… Ça paraît très niais dit comme ça, mais le texte et la mise en scène poétiques, ainsi que les prestations maîtrisées des acteurs et actrices (mention spéciale à Anne Benoit, dans un rôle particulièrement attachant), permettent d’affirmer que ce film est bien plus qu’une simple comédie romantique à l’eau de rose.

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Avec le personnage d’Oscar, un homme sensible, généreux et doux, incarné avec talent par Jonathan Cohen, L’Âme idéale nous montre les difficultés du métier d’artiste, en particulier de musicien (notons au passage l’importance de la musique, composée par Olivier Marguerit), mais aussi du milieu médical et hospitalier, avec des conditions de travail épuisantes, et de fausses « solutions miracles » pour y remédier – ici la télémédecine. Avec la flamboyante actrice québécoise Magalie Lépine-Blondeau (Simple comme Sylvain), ils forment un duo d’hypersensibles épatant et inspirant, qui rappelle les frémissements des premiers émois amoureux.
Tout en finesse et en habileté, Alice Vial joue avec nos croyances et nos perceptions, sans avoir besoin de tout flécher pour le spectateur. La réalisatrice suggère, et cela nous suffit. Surtout, elle arrive à nous faire sourire dans des moments tristes, par exemple à un enterrement, où des situations parfois cocasses peuvent se produire, mais aussi à nous faire verser une larme là où on s’y attendait moins, de manière lucide, au détour d’un soupir, face à l’inéluctable, par cette manière si sublime de filmer ses personnages et de raconter des histoires.

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En découle un message simple, mais tellement important, qu’on a trop souvent tendance à oublier : il faut profiter de l’instant présent. C’est la fameuse expression latine « memento mori » (« Souviens-toi que tu es mortel »), qui rappelle la fragilité de l’existence et l’inévitable finitude, très utilisée dans les œuvres d’art. Là aussi, ça peut paraître tout bête pour certains, mais on vous l’assure : L’Âme idéale va vous toucher en plein cœur de manière imprévisible. La fin laisse « un goût dans la bouche, éphémère », nous a dit Jonathan Cohen en conférence de presse. On n’aurait pas pu mieux décrire cette sensation. Et on finira par ce conseil : foncez voir ce film… Vous n’êtes pas prêt.es à vivre de telles émotions !
18+ / 20
Fanny BL
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