« Detachment » : L’école est finie !

Après American History X, Tony Kaye signe un film coup de poing. Avec Detachment, il nous fait pénétrer au cœur d’un lycée de banlieue.. comme en vrai ! Le rôle-vedette revient à Adrien Brody, décidément bien placé pour jouer des rôles tristes. Cartables en main, en avant !

Henry Barthes mène une vie modeste. En tant que prof remplaçant, il est appelé à enseigner dans un lycée difficile de New-York… La zone, la vraie ! Il débarque alors dans un monde de misère et de désespoir auquel il est déjà habitué. Le jeune homme transporte, en effet, un bagage psychologique bien chargé. C’est un personnage secret, il se protège lui-même tout en prenant soin de ses élèves.

Le spectateur est directement plongé dans la réalité : avec le temps, une insécurité grandissante s’installe dans les collèges et lycées. L’univers dépravé dans lequel vit le protagoniste, est montré du doigt avec une inquiétante froideur. Tony Kaye met tout le système américain au pilori : son film pose les bonnes questions. Le réalisateur veut que les choses changent. Pour cela, il requiert l’authenticité et l’émotion des personnages. Les scènes sont le miroir de l’état actuel des choses dans les milieux difficiles, mais constituent aussi une projection vers le futur. Le spectateur angoisse, il est déboussolé, la cible (nous) est dans la ligne de mire. Le réalisateur est prêt à tirer.

Adrien Brody dans le rôle de Henry Barthes

Detachment garde malgré tout un aspect enfantin-écolier : durant le récit, vous voyez des animations à la craie se dessiner, comme si un professeur écrivait au tableau. Le film frôle aussi le style documentaire : les enseignants témoignent, sont filmés en gros plan. Plusieurs scènes du film sont entrecoupées d’une sorte de psychanalyse livrée par Henry Barthes. Le professeur raconte sa vie quotidienne et nous fait part de ses réflexions.

Adrien Brody joue à nouveau le rôle d’un personnage mélancolique après Le Pianiste. Une performance incroyable ! A la fois calme, furieux, blasé, désespéré, il joue les émotions d’une vie avec une perfection fébrile et une violence amère. Un acteur au sommet de son art !

Vous l’aurez compris : Detachment est un film à la fois poétique et dur, à voir absolument. Vous verserez votre petite larme, mais vous ne regretterez pas d’être venu. En plus de vous divertir, vous remettrez en question la situation actuelle de notre société, et en particulier du système scolaire. Le film vous marquera, vous bousculera jusqu’à sa fin. Mais cela, L’Oreille Cinéphile ne vous en dira rien !

Note : 15 / 20

Fanny BL

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