Écoutez ma critique en version podcast ci-dessous !
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Après la célébrissime série Stranger Things (2016-2026) – entre autres, l’engouement pour les années 1980 continue au cinéma et à la télévision. Eric Toledano et Olivier Nakache en proposent leur propre vision, avec ce neuvième long-métrage, probablement le plus personnel et intime de leur carrière. Et le meilleur ?
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1985. Vincent Dayan (Simon Boublil), bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne avec ses parents et son grand frère, dans une famille de classe moyenne. Déjà plus vraiment un enfant et pas encore un adulte, Vincent se pose des questions sur l’identité, l’amitié ou encore la religion, mais surtout sur les premiers émois amoureux.
Papiers peints orange, téléphones à fil, vidéo-clubs… Bienvenue dans les années 80 ! Eric Toledano et Olivier Nakache ont su trouver les bons ingrédients pour proposer à leurs spectateurs un vrai voyage dans le temps, et les faire retourner dans cette époque révolue, caractérisée par l’illusion (rapport au titre) et l’espoir de changer le monde. Décors, vêtements, musiques (Imagination, The Cure, Téléphone), et même le son de la radio, omniprésent… Tout y est.

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Les deux réalisateurs ont décidé de replonger dans la vraie période de leurs enfances respectives pour « ressusciter » des images et des sons (par exemple le jingle de RTL, presque toujours le même), comme des bribes de souvenirs, qui raviront les plus nostalgiques – surtout les quinquagénaires et sexagénaires – et berceront ces derniers dans des instants magiques. En parlant d’eux-mêmes, Toledano et Nakache parlent de nous tous… Et c’est là que réside leur force.
Dans ce film qui rappelle fortement Moi César, 10 ans ½, 1,39 m de Richard Berry (2003) en se mettant à hauteur d’enfant, on se plaît – plus ou moins, selon l’âge qu’on a – à suivre les aventures de Vincent, ses joies et ses déboires, et surtout, le difficile passage à l’adolescence. De nombreux sujets politiques et économiques ayant marqué cette époque, comme le chômage, le Sida, ou encore le racisme, sont évoqués avec subtilité, mais aussi l’état d’esprit des Français en 1985, comme la volonté d’être unis, alors que François Mitterrand était président de la République. L’ensemble soulève des questions encore importantes à l’heure actuelle et peut entraîner des discussions, sans forcément déclencher un débat houleux. Car la comédie est le genre qui prédomine, dans ce film qui contient de la légèreté et même quelques passages drôles, sans pour autant nous faire rire aux éclats.

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Le casting de Juste une illusion est convaincant (même si, comme dirait Télérama, il y a encore et toujours les mêmes têtes). Pierre Lottin est excellent dans le rôle du gardien d’immeuble, et on salue la justesse de jeu de Camille Cottin dans la peau de cette mère de famille débordée qui tient à son indépendance. En revanche, Louis Garrel fait du « Louis Garrel » – avec une moustache… Il ne propose rien de bien nouveau, contrairement au dernier film dans lequel on l’a vu, Chien 51 de Cédric Jimenez. Quant aux enfants et ados acteurs (Alexis Rosenstiehl, Jeanne Lamartine, etc.), ils se défendent bien, surtout Simon Boublil (fils de Philippe Torreton) dans le rôle principal. Le jeune acteur, au regard profond et touchant, arrive à passer du statut de garçon candide à celui d’adolescent, avec talent. Nul doute que ce rôle lui offrie un destin tout tracé de réussite.
Eric Toledano et Olivier Nakache ont ce don de raconter des morceaux de vie, un peu à la manière d’un Cédric Klapisch, mais avec leur propre style… et ça fonctionne, la plupart du temps. Or, difficile de surpasser l’extraordinaire Sens de la fête (2017), qui reste le grand favori de L’Oreille Cinéphile. Juste une illusion n’arrive clairement pas à la hauteur du long-métrage avec Jean-Pierre Bacri, ni même à celle d’Une année difficile (2023). Il reste un film divertissant et surtout très nostalgique pour les spectateurs de la génération X, et peut aussi constituer une belle découverte pour les plus jeunes, qui ignorent tout d’un walkman ou de la phrase « ça sonne occupé » au téléphone.
14+ / 20
Fanny BL

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Musiques entendues dans le podcast ♫
· Extraits de la bande-annonce de Juste une illusion, d’Eric Toledano et Olivier Nakache, publiée par Gaumont
♪ « Just an Illusion » d’Imagination
♪ « Un autre monde » de Téléphone
♪ « I’m so excited » de The Pointer Sisters
♪ « In Between Days » de The Cure
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