« Argo » : Viva America !

Plutôt connu comme acteur, Ben Affleck sort son cinquième long-métrage, Argo, après The Town, sorti en 2010. Le réalisateur a frappé fort : il ressort un dossier poussiéreux de la CIA qui traite de la révolution iranienne de 1979… vue et vécue par les Américains bien sûr !

4 novembre 1979. En plein révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Un spécialiste de « l’exfiltration » de la CIA, Tony Mendez, monte un plan très risqué, visant à les faire sortir du pays : le « Plan Argo ».

Pour la deuxième fois, Ben Affleck se met sur le devant de la scène. Tel un Clint Eastwood, il est à la fois réalisateur et joue le premier rôle. L’acteur apparaît changé à l’écran, la barbe soignée, les cheveux longs, comme pour signifier qu’une ère nouvelle est arrivée. Le message est clair : c’est lui le patron ! Ben Affleck décide également de se baser sur des faits réels : son film d’espionnage, aux allures de reportage, paraît alors plus vrai, plus authentique. Vous aurez l’impression d’être à l’écran, avec les personnages, et de vivre les mêmes évènements troublants. Le décor est posé.

Ben Affleck dans le rôle de Tony Mendez

Le film instruit, car il révèle des éléments historiques qui faisaient autrefois partie du secret d’État. La censure est bravée, y compris par les Américains eux-mêmes, pourtant connus pour leurs nombreuses zones d’ombres politiques. Alors que l’ambiance générale d’Argo est plutôt tendue, l’humour est au rendez-vous. Ben Affleck ne veut pas en faire trop : il agrémente son récit de petites blagues, notamment le fameux « Argofuckyourself » (« Argoccupe-toi de tes affaires »), qui deviendra le leitmotiv du film. Cependant, le suspense est bien là, et capte votre attention la plus totale : la tension, palpable chez les personnages face aux autorités irakiennes, est contagieuse. Vous retiendrez votre souffle jusqu’à la dernière minute du film !

Pourtant, vous en ressortirez quelque peu dubitatifs. Au final, quel était le but premier de Ben Affleck ? Retracer un fait historique peu connu du public, ou rappeler à quel point le réalisateur-acteur aime son pays ? Le message principal se base sur la solidarité du Canada envers les États-Unis dans un contexte historico-politique très délicat. Ben Affleck semble vouloir nous convaincre que les gentils, ce sont eux, et les méchants, les Iraniens. Mais ce n’est pas forcément le cas. Après tout, que savons-nous de ce qu’a vécu ce peuple ? Ni les Américains, ni les Canadiens, ni personne d’autre ne peut comprendre ce que revendiquaient les Iraniens à cette période de l’histoire. Il n’y a qu’un seul point de vue, un seul avis, qui se veut partagé par tous. Alors, publicité patriotique ou vrai message historique ? A vous de voir.

Note : 14/20

Fanny BL

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