« L’homme qui rit » : conte merveilleux ou ignoble farce ?

Oyez oyez, braves gens ! Approchez et plongez au cœur de l’histoire de L’homme qui rit ! Véritable spectacle ambulant, ce film, aux allures de conte baroque, prend un aspect à la fois magique et effrayant. Gwynplaine vous invite dans un univers fascinant… un univers que vous connaissez peut-être déjà.

Après le succès de sa comédie Les émotifs anonymes (2010), Jean-Pierre Améris fait un hommage à Victor Hugo en adaptant son roman éponyme datant de 1869. Il raconte l’histoire de Gwynplaine, un orphelin marqué au visage par une cicatrice qui lui donne une sorte de rire, recueilli par le forain Ursus dans sa roulotte avec Déa, une jeune fille aveugle. Tous trois sillonnent les routes et donnent un spectacle dont Gwynplaine est la vedette, mais aussi le monstre de foire. Son succès auprès des foules l’éloignera de ceux qui l’ont toujours aimé pour ce qu’il est.

Aucune unité de temps ni de lieu ne permet au spectateur de se repérer : L’homme qui rit ressemble à une pièce de théâtre classique. Il forge l’imaginaire du spectateur et l’invite au rêve. Le réalisateur tenait à cette idée d’intemporalité qui symbolise l’œuvre de Victor Hugo. Hymne à la différence, le film aborde l’idée du complexe, à la fois physique et moral, que peut ressentir une personne marginalisée, ou un adolescent d’aujourd’hui.

Le jeu de Marc-André Grondin (Gwynplaine) est maîtrisé. Son look à la « Edward aux Mains d’Argent » apporte une touche de modernité au personnage. Sa place au sein du film est méritée. Les images sont soignées, le récit est mené à la baguette, et l’atmosphère est mystérieuse à souhait.

Marc-André Grondin fans le rôle de Gwynplaine

Décors sombres, ambiance enchanteresse mais terrifiante, personnage solitaire montré du doigt… Ces éléments sont bien ceux d’un Tim Burton ou d’un Terry Gilliam. L’homme qui rit prend rapidement des allures de Sweeney Todd ou de L’Imaginarium du Docteur Parnassus et donne l’impression de déjà-vu. L’idée était pourtant bonne… Dommage que le film n’ait pas sa propre griffe et ne se détache pas de ces univers que l’on connaît déjà.

Le côté très manichéen du film pourrait en lasser certains : le décalage entre la vieille roulotte conviviale et les personnages grotesques de la cour est très (voire trop) démontré. Mais dans ce contexte, Jean-Pierre Améris amène le spectateur à se demander où est la vraie beauté. Concernant le reste du casting, Gérard Depardieu (Ursus) est presque touchant dans son rôle de papa poule. Christa Theret (Déa), est quant à elle peu convaincante en tant que jeune aveugle amoureuse. Son jeu manque de naturel et frôle la superficialité.

Si vous êtes fan de Josée Dayan, de Tim Burton ou de Victor Hugo (au choix), ou si vous aimez simplement vous plonger dans ce genre d’univers, à la fois tragique et merveilleux, L’homme qui rit est fait pour vous. Sinon, passez votre chemin.

Note : 12/20

Fanny BL

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