« Lincoln » : Spielberg au plus haut de sa forme

Marylin Monroe, Claude François, Margaret Thatcher… Décidément, les biopics sont à la mode ! Mais Lincoln n’est pas comme les autres. Il ne se contente pas de raconter l’histoire du 16ème président des États-Unis et des prouesses qu’il a accomplies. Il va au-delà, plongeant dans l’intimité d’un homme ambitieux et courageux et s’imposant comme une réflexion sur la loi et l’humanisme. Après une version comique signée Timur Bekmambetov, Steven Spielberg rend à Abraham Lincoln sa dignité et sa force.

1865. Dans une nation déchirée par la guerre civile, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, et faire adopter le 13ème amendement, qui abolira l’esclavage. Cet homme, doté d’une détermination exceptionnelle, se battra jusqu’au bout pour réaliser le projet de toute une vie.

Fasciné depuis toujours par ce personnage emblématique, Steven Spielberg décrit Lincoln en plein cœur de son combat le plus difficile. Le scénariste Tony Kushner n’a retenu que les quatre derniers mois de la vie du président, sa période la plus éprouvante, pour laisser de côté l’hagiographie. Ce choix permet au spectateur de se repérer dans le temps et de ne se concentrer que sur un thème en particulier : le but ultime de Lincoln, son combat pour la liberté du peuple noir.

Après s’être concentré sur ses deux derniers long-métrages, Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne et Cheval de guerre (2011), le papa d’E.T s’est enfin consacré au grand homme politique qu’il admirait tant. Se basant sur le livre « Team of Rivals » de Doris Kearns Goodwin, il dresse un portrait émouvant du chef d’État américain, grâce à une qualité de narration qu’on lui connaît si bien. La mise en scène, méticuleuse, laisse place au pouvoir d’oralité des débats parlementaires et des monologues qui constituent le film.

Daniel Day-Lewis dans le rôle d’Abraham Lincoln

Lincoln se concentre en effet sur la partie conversationnelle d’une étape importante de l’Histoire des États-Unis. Amateurs de films de guerre, abstenez-vous : seules les deux premières minutes montrent les images d’un combat sanglant. La véritable bataille se livre dans les bureaux du Parti Républicain, où le président cherche à convaincre les membres du Parti Démocrate d’adhérer à son projet. Les nombreuses scènes de dialogue pourraient d’ailleurs ennuyer et manquer de suspense, mais il n’en est rien. Spielberg capte notre attention jusqu’au bout et sait cultiver notre curiosité.

Le cinéaste ne fait pas les choses à moitié : grâce au jeu prodigieux de Daniel Day-Lewis, il ressuscite son idole. La ressemblance entre les deux hommes est frappante. La silhouette, la voix, la façon de marcher… Tout colle. Après un rôle époustouflant dans There will be blood (2008) de Paul Thomas Anderson, Daniel Day-Lewis suscite encore et toujours l’admiration. Sa nomination pour l’Oscar du Meilleur Acteur 2013 est amplement justifiée.

Après 54 ans de carrière, Spielberg n’a pas fini de nous éblouir. Il dévoile, avec Lincoln, une nouvelle pépite, au caractère historique, instructif et émotif, et nous dévoile des facettes peu connues d’un homme devenu légende.

Note : 17/20

Fanny BL

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