« Mamá » : L’amour d’une mère et bien au-delà

Andres Muschietti signe un premier long-métrage horrifique dans la même lignée que L’orphelinat (2007) et L’échine du diable (2001), de Guillermo Del Toro. On le retrouve ici comme producteur du film et mentor de Muschietti. La collaboration des deux cinéastes donne un résultat détonnant… mais aussi effrayant !

Deux sœurs, Victoria et Lily, disparaissent mystérieusement, le jour où leurs parents meurent. Leur oncle Lucas et sa petite amie Annabel les retrouvent quelques années plus tard dans une cabane délabrée. Tandis que les petites filles partent habiter chez Lucas, Annabel est de plus en plus convaincue que les deux enfants sont suivies par une présence maléfique…

L’ouverture du film est inquiétante : les deux sœurs, à l’allure sauvageonne (Megan Charpentier et Isabelle Nelisse), rendent le récit oppressant. Jessica Chastain, en mère idéale dans The tree of life (Terrence Malick, 2011), se retrouve dans la peau d’un personnage totalement différent : celui d’une bassiste gothique – maquillage et cheveux noirs – insouciante et confrontée à des responsabilités dont elle ne voulait pas.

Jessica Chastain et les deux jeunes actrices, Isabelle Nélisse et Megan Charpentier

Probablement inspiré de la fameuse cabane en bois d’Evil Dead, Andres Muschietti met l’accent sur l’ambiance angoissante des lieux et sur l’imagination du spectateur. Les couleurs sombres, les jeux d’ombre et de lumière et l’attitude des deux fillettes suffisent à eux seuls à nous terroriser ! Le jeune cinéaste a bien compris les mécanismes du cinéma d’épouvante et sait jouer avec les effets de surprise pour nous faire trembler comme il l’entend.

L’ensemble du film est bien ficelé, mais Cin&Mad s’attendait à mieux venant de Guillermo Del Toro. La fin de Mamá est maladroite et sonne faux. L’angoisse finit par se mêler à l’émotion, au ridicule même parfois, face à un spectre qui n’en est plus un, d’un cauchemar terminé avant la fin du film. Dommage, on en redemandait…

Fourré de symboles, Mamá rappelle l’omniprésence et la protection excessive d’une mère avec ses enfants. Le film reste angoissant mais se perd trop souvent dans ses méandres psychologiques. Le côté sentimental remplace l’épouvante, au détriment de tous les éléments efficaces qu’Andres Muschietti avait intégrés dans son récit. Le réalisateur marque cependant un retour stimulant du cinéma d’horreur espagnol et pourrait bien se présenter comme le digne successeur du maître en la matière, Guillermo Del Toro.

Note : 12/20

Fanny BL

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