« Ablations » : Quand le cauchemar devient réalité

L’angoisse est au rendez-vous ! Arnold de Parscau réalise un premier long métrage poignant, épaulé par Benoît Délépine au scénario. L’équipe gagnante dévoile une histoire cauchemardesque aux allures de thriller.

Un homme se réveille dans l’herbe, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos… Il se rend compte qu’on lui a volé un rein ! Hanté par cette disparition, il fera tout pour le retrouver, au détriment de son travail et de sa famille.

Malgré un démarrage un peu difficile, Ablations convainc et séduit. Brimé par un jeu d’acteur d’abord peu persuasif, le film prend finalement forme et saisit le spectateur. Les hallucinations du personnage principal, Pastor (Denis Ménochet), donnent son impulsion au récit. Tels des sportifs professionnels, les acteurs ont besoin d’un échauffement – les 15 premières minutes du film – avant d’assurer leur performance. Denis Ménochet, encore assez peu connu des grandes affiches, a une « gueule ». Il colle parfaitement à son rôle, celui d’un homme bourru, à la fois faible et déterminé, qui mène seul son combat.

Denis Ménochet dans le rôle de Pastor Cartalas

Ablations doit surtout sa force à la fraîcheur apportée par le jeune cinéaste Arnold De Parscau. Son premier long métrage est né sous le signe de la nouveauté : avec malice, il ajoute à ses scènes des détails visuels et esthétiques intéressants – dont un très gros plan sur la contraction d’une pupille lorsque la lumière pénètre dans l’œil -, comme,  ici et là, des petites touches pétillantes.

Le scénario, signé Benoît Delépine (Le Grand soir), est l’autre grande qualité d’Ablations. On assiste, impuissant, à la lente descente aux enfers de cet homme ordinaire, de sa première perte jusqu’à la chute finale. Bien que l’histoire paraisse farfelue au départ, elle est finalement crédible, et entraîne une réflexion sur le trafic d’organes et le caractère parfois « sacré » du corps humain. Les rares faiblesses d’Ablations n’enrayent donc pas un fait indéniable : Arnold De Parscau a devant lui un avenir radieux, celui d’un réalisateur créatif et accompli.

16/20

Fanny BL

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