« American Nightmare 2 » : Le cauchemar empire

Après le huit-clos du premier opus, succès surprise au box-office, James DeMonaco choisit cette fois la ville de Los Angeles comme terrain de chasse. Bien que les intentions scénaristiques soient bonnes, cette suite est désespérément creuse et sans saveur.

Comme chaque année aux Etats-Unis, la Purge a lieu. Durant une nuit, tous les crimes sont légalement autorisés. A quelques minutes du début, Shane et Liz tombent en panne, tandis que Léo prépare une vengeance jusqu’alors inconnue. Eva et sa fille Cali se font capturer par des hommes armés. Poursuivi à travers la ville, le petit groupe va devoir s’unir pour tenter de survivre à cette nuit meurtrière…

Le premier volet d’American Nightmare était truffé de bonnes idées : le titre, l’affiche et surtout le scénario étaient accrocheurs… pour un résultat plutôt décevant. En faire une suite n’était donc vraiment pas nécessaire. On connaissait déjà le pitch : pendant une nuit, tous les coups sont permis. Une nouvelle fois, on assiste sans grande conviction au combat entre les « purgeurs », qui cherchent à soulager leur désir d’agressivité, et les « anti-Purge », qui tiennent à rester en vie.

La surprise du premier opus en moins, le deuxième ne possède quasiment rien pour nous éblouir. Aucun suspense, des personnages très caricaturaux… A part des scènes de violence gratuite, il n’offre pas grand-chose. Pire : le film, qui se veut horrifique, fait tout sauf peur, malgré la présence du producteur Michael Bay, spécialiste en la matière (on lui doit les remakes récents de Massacre à la tronçonneuse et Les Griffes de la nuit).

Comme son prédécesseur, American Nightmare 2 repose sur un manichéisme flagrant : les riches blancs d’un côté, les pauvres noirs de l’autre. James DeMonaco aurait pu imaginer une version intéressante de la lutte des classes du futur, mais manque de subtilité et exploite le sujet de façon trop banale. Lorsque le cinéaste dénonce les dérives (fictives) du gouvernement américain, on pourrait penser à une métaphore du capitalisme, mais la réflexion n’est pas poussée plus loin. Les gestes de solidarité entre des citoyens issus de la classe populaire sont les seuls éléments qui valent le détour.

Hélas, James DeMonaco ne compte pas s’arrêter là : il songe déjà à un troisième épisode d’American Nightmare… A force d’user son sujet jusqu’à la corde, le réalisateur pourrait finir par l’anéantir complètement.

9/20

Fanny BL

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