« White Bird » : Le film sage de Gregg Araki

Après le délirant Kaboom (2010), Gregg Araki calme ses ardeurs et signe un film « normal ». Ce thriller, visuellement coloré, psychologiquement sombre, fonctionne par la force de ses acteurs et la beauté de sa réalisation.

Corps qui change, temps passé avec les potes, découverte de la sexualité… Kat Connors, 17 ans, traverse la période de l’adolescence. Un jour, sa mère disparaît soudainement sans laisser de traces. Au début, Kat semble à peine troublée par cette absence. Mais ses rêves étranges vont l’amener à s’interroger sur les raisons de cette mystérieuse disparition.

Au placard, les folies artistiques et les délires perso ! Gregg Araki choisit cette fois la sobriété et revient aux codes « classiques » du cinéma. Une recette qui marche puisque le spectateur n’est pas largué au beau milieu de scènes d’hallucinations sans queue ni tête. Cette fois, le cinéaste l’invite à entrer dans son monde (finalement il n’est pas si effrayant, ce M. Araki) et à découvrir, pas à pas, une intrigue qui tient la route.

Adapté du roman Un oiseau blanc dans le blizzard publié par Laura Kasischke en 1999, White Bird s’attache à explorer le sentiment d’absence et la période difficile de l’adolescence (vécus par Kat), mais aussi l’enfer du train-train quotidien infligé par le rêve américain (vécu par la mère). 

Shailene Woodley dans le rôle de Kat Connors

Photographie, costumes, bande originale 80’s… tout est minutieux. Chaque plan, travaillé au millimètre, nous montre le résultat d’une œuvre d’art complète. Si quelques longueurs alourdissent parfois l’intrigue, l’histoire se déroule comme un fil. L’élément narratif final, un peu grotesque, mais drôle, nous rappelle que Gregg Araki a toujours besoin de nous surprendre, et ce par tous les moyens.

La talentueuse et désormais très connue Shailene Woodley (DivergenteNos étoiles contraires) est entourée d’acteurs prodigieux : Christopher Meloni, Eva Green (Sin City : J’ai tué pour elle), Shiloh Fernandez, Gabourey Sidibe (Precious)… un casting sans faute.

White Bird réussit enfin une belle approche de la sexualité, du désir et de l’instinct primaire (symboles, ici, de l’indépendance de la jeune femme), poussés jusque dans la bizarrerie et le malsain, mais sans jamais choquer, toujours pris à la légère, rappelant l’insouciance de la jeunesse. Avec tous ces éléments et la touche de surréalisme si chère à Gregg Araki, le cinéaste semble bien avoir trouvé les clés d’un film accompli.

16/20

Fanny BL

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