« Carol » : L’amour avec un grand A

A travers le prisme des amours interdites, Todd Haynes (I’m Not There) propose un mélo poignant, porté haut par un duo d’actrices somptueuses, Cate Blanchett et Rooney Mara. En compétition pour la 88ème cérémonie des Oscars, ce film magistral possède tous les atouts pour remporter une ou deux statuettes… Verdict le 28 février prochain !

New York, 1952. Therese, jeune employée d’un grand magasin, rencontre Carol, une cliente distinguée et séduisante. C’est le coup de foudre. Le mari de Carol, avec qui elle est en instance de divorce, découvre leur liaison. De rage, il tente de lui enlever la garde de leur petite fille. Carol va devoir se battre pour survivre dans un monde qui rejette l’homosexualité.

Tirée d’un roman de Patricia Highsmith, « The Price of the Salt », l’histoire de Carol rappelle d’emblée celle de La Vie d’Adèle : une relation passionnelle entre deux femmes que tout oppose. La différence ? L’œuvre de Todd Haynes est beaucoup plus élégante et pudique que celle d’Abdellatif Kechiche. Le spectateur a enfin droit à une histoire d’amour, une vraie. Sans artifice. A l’écran, Therese (Rooney Mara) et Carol (Cate Blanchett) s’aiment en secret. Leurs yeux se cherchent, leurs mains se frôlent, leurs corps tremblent. Exit la bestialité : priorité aux sentiments. 

Amour impossible, homosexualité, mariage malheureux : Todd Haynes avait déjà abordé ces trois thèmes dans Loin du Paradis. Le cinéaste nous prouve, une fois de plus, qu’il maîtrise ces sujets à la perfection. Sur la forme aussi, la relation entre Therese et Carol est filmée de manière très subtile. Le cadrage est millimétré : les personnages occupent une seule moitié de l’écran, laissant place à d’autres éléments du décor. Cette verticalité des plans rappelle les tableaux d’Edward Hopper. S’y ajoutent une photographie soignée, signée Ed Lachman, et des costumes magnifiques, imaginés par Sandy Powell.

Cate Blanchett dans le rôle de Carol Aird

Il manquerait justement un peu de violence et de dureté à Carol. A une époque où l’homosexualité est vue comme une maladie mentale, Carol doit suivre une psychothérapie pour prouver aux yeux de la loi qu’elle peut avoir la garde de son enfant. Hormis cet élément, on ne ressent pas assez la cruauté de la société américaine des années 50 envers le couple – le seul entourage connu de Carol est son ex-petite amie, qui la comprend et la soutient. Le Secret de Brokeback Moutain, par exemple, raconte de manière beaucoup plus sombre la passion entre deux cow-boys dans les années 1960. Todd Haynes aurait pu se permettre, lui aussi, de noircir davantage son tableau.

En plus de ses deux récompenses au Festival de Cannes 2015 – Prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara et Queer Palm -, Carol est nommé cinq fois aux Oscars. Le film pourrait bien décrocher des statuettes grâce au talent de ses deux actrices. Mais les catégories qui justifient le plus sa réussite – Meilleur film et Meilleur réalisateur – ont été écartées… Et c’est bien dommage.

16/20

Rooney Mara dans le rôle de Therese Belivet

Fanny BL

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :