« Le Prince Oublié » : La critique + L’interview de Michel Hazanavicius

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Podcast : Michel Hazanavicius, réalisateur aux multiples facettes

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« Le Prince Oublié » : Un conte familial simple mais efficace

Raconter des histoires est une pratique encore indispensable de nos jours : c’est le message de Michel Hazanavicius dans Le Prince Oublié, son dernier long-métrage, aux allures de film fantastique, avec animations 3D intégrées. Paysages merveilleux, drôles de créatures, personnages rigolos… Le cinéaste nous plonge dans l’imaginaire d’une petite fille de huit ans à travers les yeux du conteur, son père, et veut nous faire rêver. Mission accomplie… pour un seul type de public : la famille.

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Des enfants se font accompagner à l’école en voiture par leurs parents et écoutent une histoire… racontée par un disque ! Telle est la première scène du Prince Oublié, qui annonce tout de suite la couleur. Michel Hazanavicius veut nous rappeler à quel point il est important, même en 2020, de raconter une histoire soi-même à son enfant, avec tous les détails nécessaires. Djibi (Omar Sy), lui, ne fait pas les choses à moitié, puisque ce papa célibataire invente des histoires pour sa fille de huit ans, Sofia (Sarah Gaye), et se met lui-même en scène dans le rôle du prince / héros qui sauve sa petite princesse. Le rituel se répète chaque soir dans le plus grand enthousiasme, jusqu’au jour où Sofia grandit et signale à son père qu’elle n’a plus besoin d’écouter ses histoires… Leur petit monde de complicité s’écroule.

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Omar Sy dans le rôle de Djibi / le prince

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Dans Le Prince Oublié, le récit est double : on alterne sans cesse entre le monde réel et l’histoire fictive, racontée par Djibi. Le spectateur est propulsé dans ce monde imaginaire très coloré, d’abord vu à travers les yeux du papa, puisque c’est lui qui raconte l’histoire. Ces transitions entre réalité et fiction sont plutôt réussies, et on se plaît à voyager au pays des rêves, et à retrouver notre âme d’enfant et notre insouciance.

Ce monde fictif se présente comme l’envers du décor, les coulisses de l’histoire. On se retrouve dans un vrai studio de cinéma, avec les personnages-vedettes dans leurs loges, les grands panneaux de décors, et les techniciens qui crient et se bousculent avant le tournage d’une scène. Les effets spéciaux sont bien réalisés, et l’univers rappelle beaucoup celui des studios Pixar, notamment la saga « Toy Story« , avec ces jouets rigolos et imparfaits, comme ce cowboy aux bras trop courts pour dégainer ou cette vieille poupée oubliée.

Côté casting, Omar Sy est parfait dans le rôle de ce papa poule ultra-protecteur. Toujours hilarant dans les comédies, il l’est encore plus ici, dans sa tenue de prince kitsch avec collants rayés. Et il est attachant quand il essaye de rester malgré tout de rester le héros de sa fille, dans la vie réelle comme fictive, même si cela doit être de manière symbolique. François Damiens est cocasse dans la peau du méchant Pritprout. La jeune Sarah Gaye, qui interprète son premier rôle au cinéma, est également crédible du haut de ses 12 ans.

Omar Sy et Sarah Gaye dans les rôles de Djibi et Sofia

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Le Prince Oublié est à visionner en toute décontraction. Il est drôle, créatif et divertissant. La féérie fonctionne, mais pour un temps seulement. Surtout, ce conte s’adresse uniquement à un public familial avec enfants. D’un autre côté, c’était l’intention de départ de Michel Hazanavicius qui, lui-même père de famille, reconnaît et assume totalement avoir voulu réaliser un film pour ses progénitures. On ne lui en veut donc pas.

Michel Hazanavicius nous a faire rire avec OSS 117, danser avec The Artist, réfléchir avec The Search… Il nous émerveille un peu avec Le Prince Oublié, mais le film ne marquera pas les consciences éternellement, ni l’oeuvre de l’homme aux multiples récompenses. On admire en tous cas l’ambition du cinéaste à s’essayer à tous les styles cinématographiques – comédie, musical, film de guerre, biopic, et maintenant fantastique -, et on attend avec impatience de découvrir le prochain, La plus précieuse des marchandises, qui sera son premier dessin animé en 2D, et dont la sortie au cinéma est prévue pour 2022.

12/20

Fanny BL

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