Ecoutez ci-dessous un podcast sur 5 films qui parlent de danse !
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« Les Chaussons rouges » : Le sombre conte de fées de Michael Powell et Emeric Pressburger
Danse, cheveux roux flamboyants, tragédie. Les Chaussons rouges (1948) fait partie de ces films grandioses qui méritent bien plus qu’un simple coup d’œil. Premier long-métrage montrant autant le ballet au cinéma, il permet une immersion totale pour le spectateur, grâce à une mise en abyme réussie. Les Chaussons rouges marque aussi les débuts sur grand écran d’une danseuse professionnelle qui nous éblouit, Moira Shearer. Mais alors, pourquoi est-ce un classique ? Qu’est-ce qui fait la particularité de ce long-métrage, et peut-il s’adresser à tout le monde ?
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Dans l’Angleterre de l’après-guerre, Victoria (Moira Shearer), danseuse classique, parvient à intégrer la troupe dirigée par Boris Lermontov (Anton Walbrook). Ce dernier décide de lui donner le premier rôle du ballet Les Chaussons rouges, et de faire d’elle une star. Vicky va alors rencontrer le compositeur Julian (Marius Goring) et tomber follement amoureuse de lui, au grand désespoir de Lermontov, qui fera alors tout pour saboter leur couple.
C’était une condition de l’un des deux réalisateurs, Michael Powell, pour faire le film : que l’actrice principale soit une danseuse professionnelle avant d’être comédienne. On le remercie, car Les Chaussons rouges n’aurait pas eu la même valeur sans Moira Shearer, étoile montante du ballet britannique, lumineuse et éclatante dans le rôle de Victoria. Ce rôle, son premier au cinéma, la propulsera au rang de célébrité internationale. Le long-métrage promet de magnifiques scènes de danse, d’une qualité rare au cinéma. La chevelure rousse de la danseuse, assortie à la couleur de ses chaussons, marque visuellement et durablement le spectateur.

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Adaptation du conte Les Souliers rouges de Hans Christian Andersen (1845) – oui, celui qui a écrit La Petite Sirène (1837), Les Chaussons rouges fait penser au film Les enfants du paradis dès sa scène d’ouverture, pour son immersion avec un public exalté, assis tout en haut du théâtre pour assister au ballet, mais aussi par sa mise en abyme : nous sommes tout autant spectateurs que les spectateurs du ballet eux-mêmes, comme si nous étions assis dans la salle avec eux. L’immersion est encore plus totale lors de la séquence la plus connue des Chaussons rouges : la scène de « vrai » ballet ininterrompu pendant 17 minutes, constituée d’une cinquantaine de danseurs, durant laquelle on ne verra cette fois jamais la réaction des spectateurs.
Conte de fées sombre, qui rappelle la tragédie de certains ballets, Les Chaussons rouges aborde une réflexion profonde sur l’art, sous ses bons comme ses mauvais aspects, notamment les dérives possibles quand on dédie sa vie et sa carrière à sa passion. Le film nous montre aussi la difficulté à s’insérer dans le milieu très fermé de la danse, surtout en tant que femme, et encore plus à cette époque. Faisant écho à My Fair Lady de George Cukor (qui sortira bien plus tard, en 1964), il nous raconte la relation toxique entre un homme de pouvoir, souvent plus âgé, et une jeune femme « partie de rien », à qui il va « apprendre la vie ». Le maître de ballet Lermontov, mentor de Victoria et sorte de Dieu créateur, veut montrer la voie du succès à la danseuse… Jusqu’à ce que cette dernière souhaite s’émanciper et doive faire face à un refus violent.
Ce personnage masculin autoritaire, qui aurait été inspiré par Serge de Diaghilev, co-fondateur des Ballets russes ayant lancé la carrière du danseur Nijinski, ne supporte pas l’idée que Victoria puisse tomber amoureuse d’un autre homme et mettre de côté sa carrière de danseuse. Mais c’est surtout par jalousie qu’il veut la posséder pour mieux la contrôler, SPOILER ALERT ce qui, finalement, conduira ce triangle amoureux à sa perte.

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Les Chaussons rouges propose une esthétique superbe et contient de très bonnes idées de réalisation, qui paraissent novatrices pour l’époque, par exemple, quand la caméra se met à la place de la tête de la danseuse qui tourne au moment des pirouettes, ou bien quand un simple papier journal se transforme en un danseur fait de chair et d’os. N’oublions pas de citer la fin tonitruante du film, avec l’idée du halo du projecteur qui « danse » sur scène à la place de la danseuse, pour symboliser son absence.
Si Les Chaussons rouges a reçu un accueil glacial à sa sortie, et a même été boudé par la presse qui le jugeait trop violent, il a finalement été reconnu à sa juste valeur, d’abord sur le plan des récompenses. Sur les cinq Oscars pour lesquels il a été nommé en 1949, le film en a remporté deux : celui de la meilleure musique pour Brian Easdale, et des meilleurs décors pour Hein Heckroth et Arthur Lawson. Il est aujourd’hui classé dans les 10 meilleurs films de tous les temps selon la presse, sur le site Allociné, et élu 9ème meilleur film britannique du XXème siècle, d’après le British Film Institute.
Les Chaussons rouges a fini par devenir l’un des plus grands films à succès du cinéma de variété, restant à l’affiche pendant deux ans aux États-Unis. Aujourd’hui, il représente un classique pour la majorité, et même une référence pour des réalisateurs comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, ou encore Steven Spielberg… Un succès amplement mérité, qui ne nous étonne pas une seule seconde.
Fanny BL

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Musiques entendues dans le podcast ♫
♪ « The red shoes », musique originale tirée du film Les Chaussons rouges, composée par Brian Easdale ;
♪ « Moon Jam », musique originale du film En Corps, composée par Hofesh Shechter © Copyright: 2022 Ce qui me Meut Motion Pictures distributed by Because Music ℗ Production: 2022 Ce qui me Meut Motion Pictures distributed by Because Music ;
♪ « Nina’s dream », tiré de la musique originale du film Black Swan, composée par Clint Mansell ;
♪ « A Swan Song (For Nina) », tiré de la musique originale du film Black Swan, composée par Clint Mansell ;
♪ « Cosmic Dancer » de T. Rex, chanson tirée de la bande originale du film Billy Elliot ;
♪ « Town Calle Malice » de The Jam, chanson tirée de la bande originale du film Billy Elliot ;
♪ « I love to boogie » de T. Rex, chanson tirée de la bande originale du film Billy Elliot ;
♪ « All Or Nothing », par Athena Cage, chanson tirée de la bande originale du film Save The Last Dance ;
♪ « Main Title », tirée de la musique originale du film Save The Last Dance, composée par Mark Isham ;
♪ « U Know What’s Up » de Donell Jones, chanson tirée de la bande originale du film Save The Last Dance ;
♪ « Get It On Tonite » de Montell Jordan, chanson tirée de la bande originale du film Save The Last Dance ℗ 1999 The Island Def Jam Music Group
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