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Après The Fabelmans (2023), film personnel sympathique mais légèrement moins convaincant, Steven Spielberg nous éblouit à nouveau avec Disclosure Day, un thriller de science-fiction haletant et porteur de messages forts. A l’aube de ses 80 ans, le papa d’E.T semble encore bien loin de la retraite et sait se renouveler dans des thèmes qui lui sont chers.
Alors que le monde est au bord d’une Troisième Guerre mondiale, deux destins exceptionnels vont se rejoindre : Daniel Kellner (Josh O’Connor), expert en cybersécurité, qui veut tenter de rendre publics plusieurs documents secrets du gouvernement, et Margaret Fairchild (Emily Blunt), présentatrice météo, dont la vie bascule après une rencontre inhabituelle avec un magnifique oiseau.
La plupart de ses pairs nous avaient plutôt déçus avec leurs derniers long-métrages. Francis Ford Coppola (Megalopolis), David Cronenberg (Les Linceuls), ou encore Pedro Almodóvar (La Chambre d’à côté), pour n’en citer qu’une poignée, semblent arrivés au bout de leur carrière, stagnant désormais dans des thèmes redondants et sans fraîcheur. Ce n’est pas le cas de Steven Spielberg, 79 ans et toutes ses dents – du moins on lui souhaite. Avec Disclosure Day, le réalisateur propose un 37ème long-métrage sans bavure, au scénario peaufiné, signé David Koepp (également scénariste de La Guerre des Mondes, entre autres), à la mise en scène maîtrisée, et aux messages nombreux et profonds.

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Fidèle à lui-même, dans la lignée de Rencontres du troisième type (1978), E.T l’extra-terrestre (1982), et La Guerre des Mondes (2005), Spielberg est toujours autant fasciné par la possible existence d’extraterrestres et d’OVNIs, objets volants non identifiés, en somme, les phénomènes non explicables, les forces mystérieuses, les grandes énigmes du cosmos. « Sommes-nous seuls ? » est la question que ce formidable conteur se pose continuellement à travers la plupart de ses films, et à laquelle il répond clairement « Non ». A partir de ces êtres inconnus et bizarres, la plupart du temps innocents, se déploie le message éternel et passionnant sur l’acceptation de l’autre.
Sans basculer dans la théorie du complot pure et dure (même s’il aurait pu éviter tout le délire autour de Dieu et la religion), Spielberg s’intéresse aussi, de manière habile, aux manœuvres du gouvernement pour étouffer la vérité, avant de se pencher sur notre place en tant qu’être humain, aussi bien sur Terre que dans notre société. Le résultat, époustouflant, révèle, une fois de plus, la grande curiosité et l’ouverture d’esprit du réalisateur, et nous montre que son imagination débordante n’a pas fini de donner lieu à des histoires fantastiques – dans tous les sens du terme.

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Autres sujets préférés de Spielberg : l’enfance et le foyer, auxquels il revient toujours, avec sa poésie et sa subtilité habituelles. Le thème des nouvelles technologies, avec des scènes comportant de nombreux écrans et de curieux objets futuristes, rappelle bien sûr Minority Report (2002), autre chef-d’œuvre du réalisateur. Disclosure Day contient deux ou trois scènes d’action très réussies qui vous tiendront en haleine, dont l’une donne presque une continuité à Duel, son premier long-métrage glaçant, sorti en 1971. Le cinéaste fait passer son public par toutes les émotions, en ajoutant au suspense et à la peur des touches d’humour par-ci par-là, et des moments émouvants, parfois là où on s’y attend le moins.
Que seraient les films de Steven Spielberg sans la merveilleuse musique de John Williams ? Le compositeur de 94 ans, spécialement sorti de sa retraite pour aider son vieil ami, continue, lui aussi, de nous prouver son génie, en introduisant des citations musicales très futées, en lien avec des éléments de l’histoire, par exemple des mélodies rappelant les thèmes du Sacre du Printemps et de L’Oiseau de feu de Stravinsky, pour figurer le cardinal rouge, cet oiseau qui deviendra un symbole important dans le film. Bref, le duo de choc Spielberg-Williams fonctionne toujours, pour notre plus grand bonheur.

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Au casting, Emily Blunt (Le Diable s’habille en Prada 2) est toujours aussi convaincante, surtout quand elle parle russe, coréen, et même le langage extraterrestre, tout cela réalisé (presque) sans trucage. Elle donne la réplique à Josh O’Connor, pâle copie d’Adam Driver, qui nous avait pourtant éblouis dans Le Son des souvenirs d’Oliver Hermanus (2026), et qui propose ici un jeu correct. C’est surtout Colin Firth (Bridget Jones : folle de lui) qui impressionne dans le rôle de l’effroyable méchant. N’oublions pas l’extraordinaire Colman Domingo, récemment vu dans le biopic Michael, dans le rôle du père tyrannique de la star, difficilement reconnaissable grâce à son côté caméléon.
Seul petit hic : la scène finale, qui nous laisse un peu sur notre faim : c’est précisément à ce moment-là que l’intrigue devient vraiment intéressante – tous les morceaux se recollent -, et on aurait presque préféré que Spielberg prenne un peu moins son temps dans toute la première partie du film (d’une durée totale de 2h25) pour continuer sur sa lancée et se concentrer davantage sur celle-ci.
Rien de bien méchant en soi. Dans l’ensemble, Disclosure Day est un très bon produit de divertissement, si l’on peut se permettre de le qualifier ainsi. Steven Spielberg confirme qu’il est à la fois capable de maîtriser tous les genres cinématographiques (science-fiction, drame, comédie musicale, historique, espionnage, romance…) avec une haute précision, et qu’il peut aussi approfondir des thèmes qui lui tiennent à cœur (ici celui des extra-terrestres), tout en proposant une approche nouvelle, aussi bien dans la façon de narrer ses histoires, que sur le plan visuel, avec des effets spéciaux de pointe, et une esthétique inégalable.
18 / 20
Fanny BL

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Musiques entendues dans le podcast ♫
· Extraits de la bande-annonce de Disclosure Day, en version française
♪ « listen… », tiré du film Disclosure Day, composée par John Williams ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
♪ « believe… », tiré du film Disclosure Day, composée par John Williams ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
♪ « empathy… », tiré du film Disclosure Day, composée par John Williams ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
♪ « reprise… », tiré du film Disclosure Day, composée par John Williams ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
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