Ecoutez ma critique du film en version podcast ci-dessous :
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Chaque sortie de ses films constitue un événement à part entière. Trois ans après Oppenheimer, Christopher Nolan est de retour avec son adaptation très attendue de L’Odyssée d’Homère. Un 13ème long-métrage monumental, au casting XXL, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, aussi bien pour de bonnes que de mauvaises raisons. Et L’Oreille Cinéphile, s’est-elle laissée embarquer pour ce grand périple cinématographique ?
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L’Odyssée relate un épisode de la mythologie grecque : le difficile retour d’Ulysse (Matt Damon) dans son royaume d’Ithaque, après la guerre de Troie, pour y retrouver son épouse Pénélope (Anne Hathaway) et leur fils Télémaque (Tom Holland). Au cours de son voyage en mer, le héros devra surmonter de nombreuses épreuves, dont la rencontre avec diverses créatures fantastiques.
Les voyages dans le temps et l’espace (Tenet, Interstellar), l’univers du rêve (Inception), la Seconde Guerre mondiale (Oppenheimer, Dunkerque)… et maintenant, la mythologie grecque. Décidément, Christopher Nolan aime diversifier ses sujets d’approche, délaissant – probablement pour un temps – son style intellectuel habituel, pour se tourner à nouveau vers un cinéma plus brutal et spectaculaire, à dimension historique (bien que purement fictif). Et malgré une durée très importante (2h53 au compteur) et quelques longueurs dans certaines scènes, on peut dire que le résultat fonctionne… Globalement.

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Grand adorateur de la pellicule (qui s’oppose au format numérique), Christopher Nolan a choisi de tourner intégralement L’Odyssée en IMAX 70 mm, format peu répandu dans les salles françaises (seul un cinéma est équipé du matériel adéquat, à Montpellier), et une première dans l’Histoire du cinéma. Même si L’Oreille Cinéphile n’a pas pu découvrir le film dans ce format, elle reconnaît et salue la qualité de cette démarche. Cette dernière nous prouve, une fois de plus, la grande cinéphilie du réalisateur, sa virtuosité technique, mais aussi son désir à la fois de se réinventer, et de continuer de développer son génie, toujours de manière maîtrisée. Ce grand défenseur de l’industrie cinématographique recherche avant tout l’expérience – de tournage pour lui, de visionnage pour les spectateur.ices… et ça marche.
Autre choix fort et louable, dans la continuité du premier : Christopher Nolan a choisi de tourner son film dans des décors réels plutôt qu’en studio, dans de nombreux pays : Écosse, Islande, Sicile, Maroc, et bien sûr la Grèce, entre autres. Exit les vieux fonds verts ! Le réalisateur rêve de grandeur, et y parvient. En tant que spectateur, on est davantage immergé dans le voyage d’Ulysse, alors plus authentique. De manière générale, Christopher Nolan minimise le recours aux effets spéciaux numériques, y compris pour l’époustouflante scène avec Circé (nous n’en dirons pas plus !) Résultat : des images grandioses et un spectacle total.

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Revenons sur le fond du film. Christopher Nolan s’empare de l’une des plus célèbres histoires de tous les temps, cette fois en restant sur les rails d’une narration plutôt linéaire – du moins, beaucoup plus lisse qu’habituellement. A travers cette adaptation moderne de l’œuvre d’Homère, le réalisateur propose une réflexion sur le devenir de l’humanité. Il aborde aussi le retour chez soi, la quête d’identité et la vengeance, des thèmes qui lui sont chers. Comme dans Dunkerque, Christopher Nolan dénonce également l’absurdité de la guerre et ses terribles conséquences. On retrouve, chez le personnage d’Ulysse, la même culpabilité que celle de J. Robert Oppenheimer dans Oppenheimer quant au destin funeste de milliers d’hommes.
L’une des grandes forces du film : son casting XXL bien sûr, autre marque de fabrique de Nolan. Celui-ci est composé de Matt Damon (Oppenheimer), Tom Holland (Spider-Man: Brand New Day, en salles depuis ce mercredi), Anne Hathaway (Le Diable s’habille en Prada 2), Robert Pattinson (Die My Love), Zendaya (The Drama), Lupita Nyong’o (Sans un bruit: jour 1), Charlize Theron (Fast & Furious X), ou encore Elliot Page. Même s’il devient lassant de voir défiler les mêmes têtes au fil des sorties cinéma, ce casting tient la route, et chaque acteur.ice livre une prestation remarquable. Mention spéciale pour le moins célèbre John Leguizamo, très convaincant dans le rôle d’Eumée, le fidèle serviteur malvoyant d’Ulysse. En revanche, quelques personnages féminins, comme Calypso et Athéna, auraient eu le mérite d’être davantage explorés.

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Autre élément important du film : sa musique, en accord total avec la tension narrative. Composée par le Suédois Ludwig Göransson, qui a déjà travaillé sur Oppenheimer et Tenet, elle comprend en partie des instruments de musique grecs antiques reconstitués avec l’aide d’archéologues, afin d’évoquer davantage une époque ancienne. Le résultat renforce la qualité esthétique du film et surtout l’immersion du spectateur dans un univers mi-réaliste mi-imaginaire.
Malgré de nombreuses critiques – pas forcément fondées – sur son casting, ses costumes, ses décors ou encore ses choix narratifs, L’Odyssée comporte quelques scènes très réussies de suspense, de bataille et de rencontres avec des créatures fantastiques, qui plairont à un public amateur de sensations fortes… le tout, réalisé, on le rappelle, sans effets spéciaux, ce qui relève du miracle à l’heure où l’Intelligence Artificielle prend de plus en plus d’ampleur. Du coup, le film manque peut-être un peu de profondeur psychologique et émotionnelle, ce qui n’empêche tout de même pas de passer un bon moment.

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Un point nous a particulièrement gêné : hormis quelques exceptions, comme celle avec les sirènes, plutôt réussie, L’Odyssée comporte quelques scènes trop imagées, parfois à l’extrême. Par exemple, au début du film, quand Pénélope parle de soleil, on nous en montre un à l’écran… idem pour chaque élément constituant le récit du personnage. Ces montages alternés parfois trop nombreux, sont éreintants pour l’œil, et freinent l’imagination du spectateur. Or, Christopher Nolan devrait lui faire confiance… Après tout, il a préféré se déplacer au cinéma pour un film de près de 3h plutôt que de rester devant Netflix !
En tous cas, il est intéressant de voir comment une histoire se transmet au fil des siècles. Dans le film, les personnages évoquent des récits qu’ils auraient « entendu chantés », car c’était le mode de transmission probablement le plus courant à cette époque. Aujourd’hui encore, un mystère plane sur l’existence d’Homère et même sur la paternité de son œuvre. Pourtant, bien que cette dernière date du VIIIème siècle av. J.-C, elle se perpétue, et continue de fasciner la population. Tel un passeur, Christopher Nolan permet à cette histoire de perdurer, d’une manière poétique et spectaculaire… mais surtout, en s’adressant à un public large.

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C’est là que réside sa plus grande force : pouvoir proposer des films qui s’inscrivent à la fois dans les registres du cinéma d’auteur et du blockbuster, même si, au niveau du budget (250 millions de dollars), celui-ci relève davantage de la deuxième catégorie. Il nous le prouve, une fois de plus : sans surprise, L’Odyssée a enregistré le meilleur démarrage de 2026 au box-office français depuis sa sortie en salles, tout comme aux États-Unis. Chez nous, il vient de passer le cap des trois millions de spectateurs… et quelque chose nous dit que son triomphe ne va pas s’arrêter là ! Même si on n’adhère pas forcément à toutes ses idées, il est une chose qu’on forcés de constater : la passion dévorante de Christopher Nolan, et une énorme implication dans son travail… Finalement, c’est ça, le plus important.
16 / 20
Fanny BL

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Musiques entendues dans le podcast ♫
· Extraits de la bande-annonce de L’Odyssée, en version française
♪ « Ithaca », musique originale du film L’Odyssée, composée par Ludwig Göransson ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
♪ « Odysseus », musique originale du film L’Odyssée, composée par Ludwig Göransson ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
♪ « Chasing the Escaping Sun », musique originale du film L’Odyssée, composée par Ludwig Göransson ℗ 2026 Back Lot Music, a division of Universal Studios Music LLLP
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