Les 10 meilleurs films de l’année 2020 selon L’Oreille Cinéphile

On ne vous apprend rien : l’année 2020 a été quelque peu tronquée au niveau des sorties cinéma… Mais on aura tout de même pu voir quelques pépites durant ces sept petits mois d’ouverture ! Du film de guerre à la comédie, en passant par le drame et la science-fiction, L’Oreille Cinéphile vous propose son top 10 des films ayant eu la chance d’être projetés sur grand écran en 2020… dans l’ordre décroissant bien sûr !

10. Adieu les cons, d’Albert Dupontel

Albert Dupontel nous avait éblouis avec Au revoir là-haut (2017),son dernier long-métrage en tant que réalisateur. Difficile de faire mieux après cette explosion de poésie et de créativité… Avec Adieu les cons, Dupontel-cinéaste reste dans son confort et propose ce qu’il sait faire de mieux : raconter une histoire sombre avec légèreté et humour, tourner en dérision ce qu’il y a de grave dans la vie, tout en rappelant des valeurs importantes comme l’amour des siens, et dézinguer avec finesse ses nombreux démons : les nouvelles technologies, les travers de l’administration, ou encore les violences policières. Côté casting, on ne comprend toujours pas en quoi Virginie Efira était indispensable à ce film. En bref, Adieu les cons est une bonne comédie à l’humour noir, mais 2020 n’est pas le meilleur cru de Dupontel.

La critique complète de Adieu les cons et son podcast sont à retrouver ici

9. Tenet, de Christopher Nolan

Christopher Nolan use et abuse du « rembobinage », une technique qu’il avait déjà commencé à explorer dans Memento (2000). On pourrait croire que le cinéaste se contente de nous faire un numéro de vantardise avec un scénario quasi-incompréhensible, mais il s’agit en fait d’un nouveau long-métrage empli d’esthétisme, d’intelligence et d’ingéniosité. Comme d’habitude avec Nolan, il est bien sûr possible de ne pas comprendre toute l’histoire du premier coup… Mais cela ne gâchera en rien votre plaisir. Le film vous en mettra plein la vue avec plusieurs scènes spectaculaires, comme le crash d’avion dans un hangar (scène tournée avec un vrai avion !) ou la course-poursuite de voitures, dont certaines « avancent » à reculons, et d’autres font des tonneaux « à l’envers » ! Dans tous les cas, Tenet nous confirme que l’oeuvre de Christopher Nolan s’adresse à un public cosmopolite, qu’il soit fan de blockbusters, ou amateur de cinéma indépendant.

La critique complète de Tenet et son podcast sont à retrouver ici

8. Les Filles du Docteur March, de Greta Gerwig

Difficile de s’attaquer à un monument comme Les Quatre Filles du Docteur March de Louisa May Alcott (1868), œuvre littéraire déjà adaptée maintes fois au cinéma, à la télévision ou encore au théâtre. Greta Gerwig (réalisatrice du génial Lady Bird) a osé, avec une version modernisée, et s’en sort plutôt bien, même s’il est toujours difficile d’apprécier totalement ce film-là quand on est déjà attaché à une autre adaptation. Même chose pour les libertés chronologiques prises dès la première scène : elles pourraient perturber un spectateur peu connaisseur de l’histoire originale. La réussite de ce Little Women est surtout due à son casting cinq étoiles, constitué de Meryl Streep, Laura Dern, Saoirse Ronan, Emma Watson et Thimothée Chalamet, sans oublier notre petit frenchie Louis Garrel. Le thème de la place de la femme dans la société est intéressant et nécessaire, même s’il est déjà présent dans l’œuvre originale.

7. La Fille au bracelet, de Stéphane Demoustier

Lise, 18 ans, a-t-elle tué sa meilleure amie lors d’une soirée entre jeunes ? Cette question nous tourmente pendant toute la durée de La Fille au bracelet, le titre faisant référence au bracelet électronique que porte la jeune fille dans l’attente de son procès. On suit avec grande attention les heures d’audience au tribunal, des scènes très réalistes et oppressantes en raison des longs silences de l’accusée, durant lesquelles les témoignages dévoilent de nouveaux éléments sur la nuit du meurtre, mais font aussi des révélations fracassantes… Au vu de l’antipathie de Lise, il est impossible de savoir qui est vraiment cette personne, ni de déterminer son degré de culpabilité. Melissa Guers incarne ce personnage glaçant avec une grande justesse. Pas mal du tout pour un premier rôle au cinéma ! Face à elle : une avocate implacable et autoritaire, remarquablement interprétée par Anaïs Demoustier, sœur du réalisateur.

6. Drunk, de Thomas Vinterberg

Sous ses faux airs de promotion de la picole, Drunk amène à réfléchir et à se poser les bonnes questions sur la consommation d’alcool et sur la vie en général (est-on heureux, et pourquoi ?), sans pour autant être un donneur de leçons. Le film comporte clairement un message épicurien : il est une forme de « célébration de l’ivresse », comme le dit Thomas Vinterberg lui-même. Il faut profiter de la vie et se concentrer sur des choses positives, comme les bons moments en famille ou entre amis, ou le plaisir d’enseigner. Drunk est philosophique, didactique et anti-manichéen. La réalisation est soignée, le jeu d’acteur impeccable  – mention spéciale à Mads Mikkelsen, magistral comme toujours, et à Thomas Bo Larsen, fidèle à Thomas Vinterberg -, la musique géniale… L’un des films de l’année 2020 à ne pas manquer !

La critique complète de Drunk et son podcast sont à retrouver ici

5. Scandale, de Jay Roach

Plongez dans les coulisses d’une puissante chaîne de télévision américaine, au cœur d’un scandale de harcèlement sexuel controversé. Inspiré de faits réels sur l’affaire Fox News en 2016, quelques mois avant l’affaire Weinstein – qui donnera naissance au mouvement #MeToo -, le film raconte comment des femmes journalistes ont subi l’inacceptable sur leur lieu de travail, avant de se liguer contre leur agresseur et patron (Roger Ailes, interprété par John Lithgow), et de libérer leur parole, entraînant une explosion médiatique, et surtout, leur propre licenciement.

La réalisation est soignée et immersive, grâce au mode de récit : la narratrice, Megyn Kelly (et animatrice télé dans la vraie vie), s’adresse directement au spectateur face caméra, comme si elle le regardait droit dans les yeux. Comme si on était devant la télévision. Le film est magnifié par un superbe trio d’actrices : Charlize Theron (également productrice du film), Nicole Kidman, et Margot Robbie. Seul reproche : ces dernières sont trop maquillées et affublées de prothèses beaucoup trop voyantes, à tel point qu’on a parfois du mal à les reconnaître… Des artifices qui n’étaient vraiment pas nécessaires à la compréhension de l’histoire, ni à sa part de réalisme.

4. Eté 85, de François Ozon

Connaissant le style parfois dérangeant de François Ozon, on craignait un peu qu’il fasse basculer le spectateur dans une ambiance malsaine et le mette mal à l’aise, comme c’est le cas dans Swimming Pool, ou plus récemment dans L’Amant Double (qui sont tout de même, précisons-le, de très bons films)… mais il n’en est rien ! Eté 85 est doux, romantique sans jamais verser dans le ridicule, et surtout nostalgique – la chanson « In Between Days » de The Cure, sur laquelle s’ouvre le film, résonnera longtemps dans votre tête. François Ozon a vraiment mis une part de lui-même et de sa jeunesse dans Eté 85 : c’est peut-être son film le plus intimiste et personnel. Ajoutez-y un casting brillant, porté par un duo de jeunes pousses dont l’avenir s’annonce déjà radieux : Félix Lefebvre et Benjamin Voisin (La Dernière Vie de Simon), tous deux sélectionnés pour les nominations aux César 2021 des espoirs masculins.

La critique complète de Eté 85 et l’interview de l’équipe du film sont à retrouver ici

3. Dark Waters, de Todd Haynes

Ce film est souvent comparé à Erin Brockovich, et à raison. Déjà pour la similarité de l’histoire, mais aussi pour la qualité de sa mise en scène et de son jeu d’acteur. Le rôle principal était taillé pour Mark Ruffalo (Avengers: Endgame, 2019), également producteur du film. Au départ, c’est même lui qui a proposé à Todd Haynes (Carol) de réaliser le long-métrage, après avoir lu l’article du New York Times Magazine dont le scénario s’inspire. Le comédien incarne Robert Bilott, un avocat qui fait une terrible découverte au sujet d’un puissant groupe chimique américain : l’une des usines rejette des déchets toxiques dans la nature, entraînant la mort des animaux et des habitants au fil des années. Quand il cherche à faire éclater la vérité sur cet empoisonnement, Robert Bilott se met à dos une bonne partie de l’industrie chimique, et risque sa carrière et sa vie personnelle.

Sur le papier, le film pourrait paraître très ennuyeux, ou du moins comporter quelques longueurs. Mais Todd Haynes arrive au contraire à entraîner le spectateur dans cette enquête-fleuve pour lui montrer les dérives d’une grande entreprise, et à le tenir en haleine d’un bout à l’autre, y compris dans une scène où l’avocat passe des heures à éplucher des cartons de dossiers par milliers.

2. Never Rarely Sometimes Always, d’Eliza Hittman

Suivez les tribulations d’une adolescente américaine, de sa ville natale, où l’avortement est quasiment impossible pour une mineure, jusqu’à New York, où ce type d’opération est à peu près faisable… Doté d’une grande part de réalisme, et transcendé par deux jeunes actrices talentueuses (Sidney Flanigan et Talia Ryder), Never Rarely Sometimes Always nous montre à quel point une grossesse non désirée peut être un enfer psychologique et physique – dans le film, cette dernière est désignée comme un simple « problème de filles ». Mais surtout, il nous rappelle que le droit à l’avortement est un sujet plus que jamais d’actualité, et loin d’être résolu, à l’heure où de nombreux pays remettent en cause la pratique de l’IVG. A défaut de changer complètement les mentalités, ce film aura forcément une résonnance particulière sur les consciences.

La critique complète de Never Rarely Sometimes Always et son podcast sont à retrouver ici

1. 1917, de Sam Mendes

« Oh, encore un énième film de guerre ! », vous direz-vous si vous n’avez pas vu 1917. Oui mais celui-là, on vous l’assure, vaut vraiment le coup d’œil. Déjà, pour la véracité de son récit : Sam Mendes (007 Spectre, 2015) est allé piocher directement dans la mémoire de son grand-père, qui a vécu une histoire très similaire. Ensuite, pour la technique utilisée : le cinéaste a presque fait un énorme plan-séquence en 1h59 de film, même s’il précise et assume complètement avoir tourné et mis bout à bout plusieurs longues prises. Cette manière de réaliser renforce le sentiment d’immersion dans l’action, et l’impression d’instantanéité. Vous suivrez l’aventure des deux soldats comme si vous étiez à leurs côtés, dans les tranchées, et retiendrez votre souffle pendant tout le film… jusqu’à une scène finale palpitante dont on ne vous dira rien !

En plus de Benedict Cumberbatch, Mark Strong et Colin Firth, 1917 est illuminé par la présence de George MacKay (Captain Fantastic, 2016), jeune acteur qui incarne ici son premier grand rôle au cinéma, et est absolument époustouflant dans la peau de ce jeune soldat valeureux. Notez enfin que le film a remporté plusieurs prix début 2020, dont deux Golden Globes – Meilleur réalisateur et Meilleur film dramatique -, et trois Oscars dans des catégories techniques. Rien d’étonnant.

George MacKay dans le rôle du soldat Schofield

Fanny BL

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :